La couleur est un ensemble de signes

Posted on 21 janvier 2009

Cet ensemble est élaborés par les hommes. Chaque société, chaque époque crée ses symboles colorés. Témoin privilégié du passé, véritable “art de la mémoire“, la couleur nous fait pénétrer au coeur de notre société, nous montre comment jouent la symbolique sociale, religieuse, l’art, les techniques, la vie quotidienne.

Le choix des dénominations chromatiques n’est pas innocent: concret et figuré se trouvent intimement liés dans des rapports d’interdépendance, le symbolique interférant avec la valeur descriptive. La terminologie des couleurs, essentiellement référentielle, liée aux phénomènes de mode, c’est un reflet privilégié des phénomènes sociaux…

Ces dénominations référentielles sont des hyponymes d’une couleur générique et traduisent une nuance particulière d’un champ de couleur, les diverses variétés de cette couleur par rapport à la couleur pure.

La lumière du soleil, comme toute autre source lumineuse, est composée de radiations de diverses longueurs d’onde. Ces diverses longueurs d’onde visibles du spectre lumineux forment un continuum que l’on fragmente, de manière arbitraire et culturelle, en un certain nombre de segments, désignant des espaces de couleur perçus comme des couleurs différentes, auxquels on attribue des noms spécifiques: bleu, rouge, vert, violet, etc. Le chiffre arbitraire (et symbolique!) de sept couleurs du spectre élaboré par Newton fait encore autorité et est encore vivace dans nombre d’esprits: rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet

La classification de la couleur conduit à diviser celle‑ci en deux groupes fondamentaux: les « couleurs pures (saturées) » et les « couleurs neutres » (blanc, gris, noir). Toutes les autres couleurs se situent quelque part entre ces deux extrêmes. Les couleurs pures et les couleurs neutres peuvent être ordonnées dans des systèmes linéaires (cercle des tonalités, axe de clarté). En revanche, la classification de toutes les couleurs n’est possible que dans un système à trois dimensions, prenant en compte trois paramètres pour caractériser avec précision toutes les différences de couleur.

Un modèle simple, correspondant pour l’essentiel à la systématique des couleurs de Ostwald, est ainsi caractérisé: une ligne verticale de couleurs neutres (échelle de gris) et un cercle de couleurs pures, horizontal, forment la charpente d’un système tridimensionnel affectant la forme d’un double cône symétrique dont le blanc constitue le sommet du volume et le noir la base.

Les trois dimensions de la couleur: tonalité, clarté et saturation peuvent se définir ainsi:

La tonalité est la catégorisation chromatique d’un stimulus: violet, bleu, vert, jaune, orange, rouge, etc. Les diverses tonalités sont représentées, géométriquement, sur le cercle des tonalités (lensemble du continuum tonal plus ou moins divisé), et correspondent aux « couleurs saturées », « pures », brillantes, non mélangées de blanc gris.

La clarté détermine le niveau de luminosité relative d’une tonalité: clair, moyen, foncé. Ce degré de luminosité d’une nuance s’évalue par rapport au blanc et au noir (couleurs neutres), sur l’axe de la clarté (échelle des gris), axe orthogonal au cercle des tonalités. Ainsi, une ligne reliant une des couleurs pures au blanc permet de classer tous les degrés d’éclaircissement de cette couleur. En se rapprochant du blanc, la couleur se modifie: sa luminosité augmente, son degré de gaturation diminue.

La saturation s’évalue sur un axe qui relie un point de la périphérie au centre du cercle. La saturation décroît lorsqu’on s’éloigne du cercle des tonalités pures, en se rapprochant de l’axe de la clarté, de la ligne des couleurs neutres. Toute couleur située sur l’axe de la clarté est totalement désaturée, achrome.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel/ Copyrights Kandinsky – Yellow, Red, blue, 1925

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