Regard sur les couleurs

Posted on 28 mai 2009

Le travail du papier, du plastique, du métal et du verre, le mariage de la couleur et de la matière apparaissent comme un bel exercice. À travers des sensibilités pourtant très différentes, l’ensemble reste très homogène.

En baissant les tonalités, nous prenions le risque d’appauvrir le champ coloriel. Or, il s’est produit exactement le contraire ! La “désaturation“ mise en œuvre ici, enrichit le regard,  l’affûte, l’alerte en renforçant l’interférence entre couleur, support, surface et lumière.

Notre regard serait-il en train d’évoluer ?

Sur le marché des cosmétiques, les critères technologiques sont plus forts, plus stricts aussi. Aujourd’hui, les industriels ont l’obligation de fabriquer des produits moins polluants pour l’homme et l’environnement. 2007 voit apparaître de nouvelles normes et beaucoup de produits sont amenés à sortir du marché. S’adapter, voilà le grand enjeu ! Nous devons évoluer, même notre regard doit évoluer.

Il n’empêche que, malgré les contraintes, nous sommes toujours dans la recherche. C’est indispensable, vital. Et ces nouvelles normes imposées ne freinent pas la créativité, au contraire.

Dans les évolutions actuelles se dessine une demande de combinaisons d’effets, de couverture de pigment, de sophistication, de complexification de la couleur, lui ajoutant des effets et de la matière.

La technique et l’émotion

Heureusement, nous avons des recettes. Les techniques (injection, impression, sublimation…), nous permettent de décomposer, de recomposer et de retranscrire effets et couleurs qui vont créer l’émotion. Un simple échantillon de couleur associé à un adjectif évoque en nous des images et des sensations. Prenons, par exemple l’association Orange-frais. Pour donner de la force à l’adjectif, nous ajoutons un vernis spécifique, une nacre, à la couleur. Chaque professionnel s’approprie les bases, les liants, les couleurs solides, les nacres. Et chaque regard traduit différemment le résultat final.

Autre technique utilisée dans notre parcours, le retour à l’origine de la vibration de la couleur : la source lumineuse. Nous ne l’avons pas exploitée en jouant sur les modes, nous l’avons traitée comme une matière qui se pose sur la couleur de diverses façons. Il n’est qu’à regarder les photos pour s’en rendre compte. Couleurs et matières conjuguées recréent de la matière. Et notre œil fait le reste. Il transmet l’image brute à notre cerveau qui le transforme en émotion, dans tous les registres possibles, du plus positif au plus dérangeant.

Les alchimistes cherchaient à transformer le plomb en or. Notre travail pourrait prouver  qu’il y a de la richesse à transformer l’or en plomb. Richesse de ton, richesse de création, richesse de sensations.

Enfin, en nous rapprochant des industriels du packaging, en leur demandant de réagir sur les photos et de nous apporter leur regard de professionnels et de techniciens, nous avons fait un pas de plus : celui de l’utilisation productive de la couleur. Puisqu’elle est source d’émotion, comment s’intègre-t-elle dans les tendances, comment s’insinue-t-elle dans les esprits des consommateurs, comment influe-t-elle sur les marchés ?

Notre expérimentation de la couleur vivante, celle qui s’applique sur la peau avant d’imprimer les matières comme le papier, le plastique ou le métal, nous a permis de déceler – et de révéler – toute la puissance de la couleur dans toutes ses déclinaisons. L’art du photographe, celui du maquilleur, celui des mannequins qui subliment de leur beauté celles des teintes qu’elles font vivre, l’art et la technique des industriels qui nous ont prêté leurs regards, se sont conjugués pour raconter la merveilleuse alchimie de la création.

 

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