Démocratiser le processus de conception

Posted on 25 juin 2009

slow_design®cooperativedesignAlastair Fuad-Luke, a théorisé ce mouvement en 2004, comme cela : conception ralentissant les métabolismes des activités humaines et économiques et diminuant l’utilisation des ressources ;
 ciblant le bien-être individuel, socioculturel et environnemental ; célébrant la lenteur, la diversité et le pluralisme
 ; impliquant le “présent continu” opposé à l’idée de rapidité de la conception actuelle (industrie et consommation).

Qu’est ce que le Slow Design ?Un concept qui insiste sur l’importance de démocratiser le processus de conception en englobant un grand nombre de participants. Un résultat qui doit se manifester dans chaque objet, espace ou image encourageant la diminution des ressources humaines, économiques, industrielles et urbaines en concevant d’abord pour les gens et pour la communauté. Bon tout ça fleure un peu la récupération écologique diront certains : “une déco écolo-éthique“, de produits éco-conçus a résumé la presse. De nouveau un mot tendance qu’aime tant la presse déco. Un mot qui séduit créateurs et décorateurs. Mais résumé le Slow à de la déco, c’est oublier l’enseignement sur l’éco-conception prodigué depuis des années dans les écoles de design (dimension sociale) et la demande permanente des clients à toujours concevoir plus propre (dimension écologique). Ce qui fait jour aujourd’hui, c’est la valeur d’économie réalisée par une démarche qui prendrait son temps (dimension économique).

Le terme de slow design fait écho au mouvement international slow food, né en Italie dans les années 80 face à la culture fast-food. Le slow food soutient la biodiversité et les traditions culinaires. Le slow design associe le même type de valeurs à la création d’objets. Une création qui s’opposerait à l’idée de rapidité (un mouvement comparable à l’art and craft de la fin du XIXème). La première manifestation a encouragé le recyclage et l’utilisation de matériaux de développement durable, de techniques traditionnelles et l’élaboration simple.

Le Slow Design touche t’il enfin le monde des agences de design ?

Ce mouvement qui vient interroger notre mode de vie, où tout est basé sur la rapidité, le zapping et le profit, peine à s’appliquer dans les agences, où visiblement la crise du mois de novembre dernier a de nouveau mis sur le côté de nombreux employés, jugés peu productifs et/ou rapides. Le slow design est arrivé pour contrer la toute-puissance du fast design, et plus largement celle de la fast life, la recherche de retour rapide de monnaie, les fast brief, les fast réponse, les rendus stéréotypés, les mêmes façons de procéder, le manque de travail coopératif et/ou collaboratif. Le slow design ou design de la post modernité associant à des notions de développement durable, de gestion des ressources, d’inventivité… pour lutter contre le trop plein et pour dynamiser aussi le rapport coopératif entre une agence, ses employés, l’entreprise et ses donneurs d’ordre.

Le Slow Design requiert donc un engagement, une nouvelle façon de penser, à l’instar de celle initiée par Droog Design (depuis les années 90) dont les créations avant-gardistes et décalées ont bouleversé l’univers du design. 
Mais aussi, Hella Jongerius, les frères Campana, les 5,5 designers. Il faut que ce mouvement, sorte de la référence tendance et s’applique dorénavant aussi aux agences de design (de tous les designs).

/Par Frédéric Rossi-Liegibel /à lire : Alastair Fuad-Luke, The Eco-design handbook , Aux éditions Thames & Hudson, voir Slow Design

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