Le design comme méthode à penser

Posted on 2 juillet 2009

Pour l’ouverture de leur grande exposition au Vitra /design/musée, les frères Campana, ambassadeurs culturels du Brésil, défendent la possibilité de réunir haute technologie et traditions de métier.

Sandra Hofmeister : Quelles sont les différences culturelles entre l’Europe et le Brésil ?

Fernando Campana : il y a autant de différences, du climat et le paysage naturellement, jusqu’aux structures d’organisation!

Humberto Campana : auxquels s’ajoute la tradition de design et les méthodes de fabrication d’haute technologie. Mais dans certaines régions au sud du Brésil, près de Santa Catarina, beaucoup de Brésiliens ont des racines allemandes, par exemple la chaise de Favela est produite dans leurs ateliers. C’est aussi une manière de mélanger les cultures, non seulement entre le Brésil et l’Europe, mais encore à l’intérieur du Brésil. Le Brésil est un creuset des races diverses et des cultures, c’est un pays baroque avec des dimensions continentales. Nous parlons, certes, la même langue, mais vivons des vies complètement diverses.

SH : Avec les années, vous êtes devenus des ambassadeurs de la culture brésilienne en Europe – non seulement dans le design Community, mais tout à fait généralement. Comment remplit-on ce rôle?

HC : Je crois qu’on doit penser localement pour pouvoir parler globalement, pour ouvrir une porte sur le monde.

FC : nous voulons montrer les aspects cachées du Brésil au reste du monde – aspects dont les Brésiliens ont honte normalement, car la réalité brésilienne est aussi poétique et esthétique. Cela nous rends pour le reste du monde plus originaux et authentiques.

SH : Beaucoup de vos travaux – « objets trouvés » ou les travaux de recyclage – donnent un autre contexte à des choses.

FC : nous utilisons une autre variante aux traditions et aux matières. Nous ajoutons une nouvelle vie au corps original. C’est notre travail. Nos influences se trouvent non seulement dans le Favelas. Mais aussi chez Oscar Niemeyer, Roberto Burle Marx et Paolo Mendes là Rocha. Le Brésil a une riche tradition dans l’architecture avec une tendance dans les extrêmes. Nous sommes dans ces extrêmes.

SH : La production en série n’est pas le but de tous designers ?

HC : l’aspect artisanal apporte de l’humanité dans le design. Ce caractère de crise  semble être découverte nouveau, c’est aussi une méthode de réflexion sur la vie. Je travaille passionnément avec mes mains. Ce serait faux, si j’utilisais un ordinateur pour cela. Nous commençons tout de suite par le prototype dans l’échelle 1:1.

FC : naturellement nous voulons produire nos pièces. Mais c’est notre studio et les éditieurs qui sont en chargent de l’exécution et de la production.

SH : Quelques-unes de vos idées sont devenues les meubles luxueux et chers qui peuvent se permettre seulement quelques-uns. N’est pas cela une contradiction?

FC : Nous n’y avons jamais pensé a faire des meubles pour de pauvres gens. Notre design n’est pas fait pour un public déterminé, ce n’est pas notre souci. Nous, nous essayons de donner une nouvelle vie aux choses.

/Propos recueillis par Sandra Hofmeister le 1er juillet 2009. Reprise libre d’un interview conduit par Sandra Hofmeister le 1er juillet dernier /Fernando and Humberto Campana – R. Barao de Tatuì 219 /01226-030 Sao Paulo /Brasilien / T: 00 55-11 36 66 41 52


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