Identité et individualité sont des arguments de vente

Posted on 4 juillet 2009

Il y a quelques décennies dans le design, la mode était tabou. A la recherche d’intemporalité et d’aptitude de quotidien, le design de produit du vingtième siècle devait se démarquer nécessairement d’une discipline qui célébrait, la courte durée. Désormais, le jeu du chat et de la souris est fini, le débat d’ornementation augmente et les domaines artistiques différents l’un à l’autre s’influencent. Aujourd’hui les actions de cross marketing sont innombrables, celles là même où le designer coopère avec le fabricant : Yoshji Yamamoto pour Mandarina Duck, Issey Miayke pour Dyson, Marcel Wander pour Puma, Zaha Hadid pour Lacoste ou Melissa. De même Hedi Slimane crée en 2007 avec le « système de F », une collection de meuble.

La mode réagit plus vite aux développements sociaux et technologiques que le design de meuble. L’énonciation de Roland Barthes “La mode a le profit toujours pratique et l’énonciation réthorique » invite au débat sur le meuble. Identité et individualité sont devenus les arguments de vente centraux, car cette « troisième peau » (le meuble) communique avec et pour son propriétaire sa position et son statut. Les marques de mode sont désormais des marques de Lifestyle qui projettent pour une cible clairement définie tous les mondes de vie et avec elle tous les produits nécessaires à cela. La mode a repris un rôle de pionnier pour le design dans beaucoup de domaines. Depuis longtemps, sous l’influence forte des tendanceurs, le roulement de saisons de la mode a aussi fait l’entrée dans les salons du meuble aussi. Du Vintage à l’Ethno, du traditionnel à l’artisanal, la mode se sert traditionnellement dans le fonds du passé, avec une liberté que le design mobilier ne se permet pas. Les designers comme Rei Kawakubo, Martin Margiela ou Hussein Chalayan se sont emparés du statut d’une discipline de conception, critique-intellectuelle et remettent en question la propre discipline et son esthétique exagérée.

Hussein Chalayan met en œuvre des recherches qui semblait réservé autrefois au design industriel ou l’ingénieur et expérimente des nouvelles technologies, matériaux et possibilités d’application.

Martin Margiela (La Maison…) présente  son univers, élaboré comme un contre-projet aux mondes de Lifestyle des grandes marques. La mise en scène prouve de façon saisissante, comment l’influence est forte entre le leader de la mode conceptuelle et tous les domaines de design.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel/ Photos various artists_tous droits réservés – photo 1 / jacques khuong nguyen

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