
Le gris n’est pas une couleur mais une valeur d’intensité lumineuse (quantité de lumière émise par une source lumineuse) dont la perception par l’œil humain se situe entre le blanc et le noir.
Le gris perçu est une illusion d’optique !

Ostentoire : banane
Le rythme des lignes, le mouvement des veinules comme gonflées de pluie évoquent l’abandon, la mélancolie d’un jour pluvieux, le blues fredonné dans l’amertume d’un petit matin.
Dans la modernité des lignes, le bambou gris s’appuie sur des éruptions de kaki, de havane et de blanc. Couleur de matière d’où surgissent spleen, modernité et urbanité.
Élégant : mousse et acrylique
Des morceaux de mousse en assemblage aléatoire évoquent aussi bien un banc de poissons plats que des plumes couleur d’orage. Impression contradictoire de légèreté et de résistance granitique. Est-ce un amoncellement de poissons, de nuages, l’approche d’un orage ?
L’opposition tranchée des gris crée une ambiguïté menaçante bien que légère.
Séducteur : acétate
Sur cette surface froide, gris clair et lichen, l’aspect « filé » évoque des sédimentations successives, cristaux de givre, verre éraflé, griffures, rugosité du béton.
Les reliefs gris et vert, éclairés par une lumière indirecte, les ombres blanches portées, construisent une matière qui évoque aussi bien le gel, un cuir gaufré, un tissu haut couture qu’un frottis artistique.
Mélancolique: cendres picardes
Images de matières sablonneuses, de cailloutis, de sol lunaire, mélange de mortier et de gravier, de boue collée aux semelles.
L’absence de brillance fige la matière dans une éternité de scories volcaniques, d’ensevelissement.
Sourd : cartons
Une illusion d’ardoise, à la tombée du jour, aux reflets de métal bleui qui rappelle les toits tourangeaux.
Le jeu de profondeur mat/brillant, blanc/gris, délimité par les stries accentue un premier plan d’enfermement puis un second d’ouverture de mouvement, de fuite, de discernement. Le grillage fin, collé par la peinture, devient support de mouvement.
Sévère : tissus et aluminium
Une matière plucheuse, légère à l’œil, gris beige, qui, sous une lumière jaunâtre évoque la couverture d’un cahier mis en miettes, la déchiqueture rageuse d’un souvenir amoureux et appelle le toucher.
C’est la lumière qui crée le gris, sans elle le ton de la matière accentuerait la monotonie de la couleur, l’aspect terne, sa froideur.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel
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Xavier Veilhan de Versailles au Germain
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