Un mois, une humeur, un état d’esprit

Posted on 21 décembre 2009

Qu’est ce que décembre ? Un mois ou une humeur, un état d’esprit. Une odeur, un bruit, une musique?

Celle du houx remplacée par le thé chai latte de Starbucks transporté fébrilement dans les rues de Londres ou New York, la course chez Barney’s, le Bon Marché, Dean&Luca et un saut chez Create &Barrel. Un bonnet acheté à l’arraché chez Uniqlo à Tokyo, ou plutôt sur Broadway, après une virée sur Prince Street. Une ruée à la boutique du MoMa pour un cadeau insolite, un instant, une éternité, à patiner sur la glace ou une glace au “pan soya » derrière le Pantheon de Rome ? La chapka de fourrure enfoncée jusqu’au cou et les écouteurs lançant les morceaux les plus dynamiques associés sur la play list la plus En musique, décembre c’est le moment de sortie des meilleurs albums, les producteurs l’ont compris, si vous aimez, vous les téléchargerez sur Itunes avant de partir en vacances ou les offrirez pour les fêtes à vos amis. New York, l’A380 n’a pas fait de retour en urgence à Roissy et vous arrivez à l’horaire prévu à Manhattan. Vous arpentez les rues et les devantures de Gap ont un air spécial cette année, la célèbre marque californienne a perdu son père fondateur cet hiver, Don Fisher qui disait : “j’ai créé Gap avec l’idée simple d’un endroit où il serait facile de trouver un bon jean, et je me suis toujours appliqué à respecter cette idée ». So long. Gap c’est l’esprit de décembre, la marque qui telle un Benetton à l’époque Toscani, sait rythmer les saisons par ses grandes campagnes qui s’affichent dans le tout New York. La ville où tout est possible, “cause you’re in New York » scande la baby diva Alicia Keys. Ses éléments de liberté sont autant de signes que les libertés s’effacent partout, chaque seconde et chaque jour, mais vous êtes à New York et rien ne vous arrêtera.

Hop, l’on file chez Moss. Tient la dernière fois que vous y êtes passé c’était pendant l’Armory Show, engoncé dans un costume trop serré acheté chez Club Monaco vous prenant pour Patrick Bateman (encore) et faisant votre interressant à parler de votre rencontre avec Julian Schnabel lors de Art Miami Basel en décembre dernier. Cette année vous crânez chez Gagosian, répétant à qui veut l’entendre votre alphabet connu par cœur des cotes de Hirst et compagnie. Attention à ne pas vous abîmer, vous mettre en abymes, de Prince street, à jouer les Richard Prince, et vous prendre pour le kid de Mineapolis, vous finiriez bien par vous y retrouver, avec ou sans l’Apollo Nurse de Prince, suffocant dans le pourpre le plus profond. Retour à New York, dans les rues de Moby, et le Greenwich Village disséqué à l’IRM par Charlotte Gainsbourg. La musique dessine la ville, l’urbanise-t-elle ? L’humanise-t-elle ?

Stop – vacances! Halte aux élucubrations, tout n’est pas design ! Revenons à notre sujet : l’esprit de décembre, la musique comme une empreinte mémorielle (lieu et moment). Eminem et Carl Cox sonnent Philadelphie, le son des années 1990, un son “argentique“ (versus digital), le cousin de Manchester importé par un certain Laurent Garnier. Certaines musiques ont une couleur. Rouge. The red dress – Ivan Smagghe. Un sky line. Miami, pour Kanye West ou Pharell Williams.

Et vous qu’elle est votre musique de décembre ?

/Par Andrée Fraiderik-Vertino /musique /Jay Z Feat, Alicia Keys, Empire State of MInd – The Bluepirint 3  tout droit respecté, morceau acheté via iTunes.

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