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De la cuillère jusqu’à la ville

Posted on 15 février 2010

Américaine, installée à Paris, Christine Reinke-Rousseau signe l’architecture des espaces Habitat en France, à Monaco … Pour Habitat elle a revu l’organisation,  au Cnit de La Défense, à Val d’Europe et à Velizy soulignent une vision singulière de l’architecture commerciale. Pour l’hôtellerie elle vient de livrer un concept qui redéfinit les standards de la chambre low cost. Le champs d’intervention est variable et inclus des collaborations d’architecture privée également.

cooperative design : LA CONCEPTION D’UNE CHAISE EST-IL TOUJOURS LE PASSAGE OBLIGE POUR LE DESIGN ?

Non, du moins pas pour une architecte. Aujourd’hui c’est un rare, mais grand plaisir, de travailler avec un client qui souhaite la conception d’un projet “total“. Le type de collaboration qui permet de développer une réflexion allant de l’architecture du lieu jusqu’au design du mobilier, des tapis à la vaisselle. Comme a pu le faire l’architecte danois Arne Jacobsen avec l’hôtel SAS de Copenhague. Je trouve d’ailleurs qu’avec la montée des “designers“, depuis 50 ans, l’architecte a perdu de son prestige, de son importance. L’exemple de Jacobsen, démontre bien qu’entre le batiment et le mobilier, c’est le mobilier et en l’occurence les chaises Egg, Swan, Tulip que l’on retient, du moins le grand public. Ces données et études dictent au marché la production d’un très vaste choix de chaises, pour tout les publics et dans toutes les gammes de prix. Au final, il est difficile de valoriser la création de mobilier original plutôt que de puiser dans les références existantes, produites en masse. Le choix du mobilier est partie intégrante de la conception d’un espace, proposer quelque chose au client est normal. A choisir, je préfère me consacrer à l’architecture plus qu’au mobilier.

cd : AVEZ-VOUS DÉJÀ CONCUE VOTRE « CHAISE » ?

Non, pas encore ! J’aurais aimer concevoir une chaise dans les meilleures conditions, ce qui n’exclue pas de vivre avec la contrainte, qui est une vraie source de créativité. J’aurais souhaiter apporter ma réponse à un challenge, une problématique m’obligeant à innover. Bénéficier du savoir faire technique d’un éditeur comme Vitra ou Knoll, ces maisons qui ont développé des procédés innovants, ont toujours maîtrisé la qualité sans sacrifier à l’esthétique.

cd : QU’EST-CE QUE LA MATURITÉ DANS VOTRE PRATIQUE, ET QUELS EN SONT LES SIGNES ?

Une conception juste, sans superflu, hors mode, un projet qui dure dans le temps.

cd : LE DESIGN EST-IL UNE QUESTION D’ECHELLE ?

Oui, tout à fait. Une bonne architecte doit avoir la capacité d’aborder un sujet de n’importe quelle échelle – de la cuillère jusqu’à la ville.

cd : QU’EST-CE QUI FAIT COURIR CHRISTINE REINKE-ROUSSEAU ?

Mon ambition est d’accomplir le projet parfait, celui dont le client autant que l’utilisateur final soient fiers. Un vrai challenge car la perfection ce n’est pas que le design mais également le respect des délais livraison, du budget …

L’honnêteté et la justesse sont des valeurs essentielles dans mon métier. J’ai aussi une vraie volonté de transmettre mon savoir et mon expérience à la nouvelle génération, j’ai enseigné dans des écoles d’architecture.

Comme tout professionnel j’ai un vrai besoin de reconnaissance et celà passe par la satisfaction du client, qui est la vraie récompense. La reconnaissance des confrères et du métier me rassure dans ma démarche intellectuelle.

cd :  Y A T-IL UN DESIGN UTOPISTE ?

N’étant pas designer de formation … je répondrais quand même oui, je pense que la réflexion sur un futur parfait existe dans tous les domaines. Je pense qu’il en va de même aujourd’hui.

Retrouvez le sujet d’Erick Hostachy (Ceza.Me) consacré à Christine Reinke-Rousseau : « En architecture, on a toujours fait de l’HQE, il suffisait pour cela d’avoir des architectes responsables ». Pour en savoir plus sur Christine Reinke Rousseau et ses réalisations.

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