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Posted on 8 mars 2010

Le brun est une couleur, autrement appelé, marron, il fait partie des couleurs chaudes, mais ne fait pas partie des couleurs de l’arc en ciel. Le nom de cette couleur provient par métonymie du fruit qui porte le même nom, le marron (de la châtaigne rustique ou du marron d’Inde, la couleur de l’enveloppe est à peu près la même).

Brun est l’autre nom pour indiquer la couleur marron, le mot marron étant inusité pour désigner cette couleur (en Belgique, le mot brun est le terme générique).

L’adjectif marron, lorsqu’il correspond à la couleur est invariable (« des yeux marron »), mais certains auteurs le considèrent comme un véritable adjectif et l’accordent.

Contrairement au gris, la couleur marron est très répandue dans la nature, aussi bien dans le règne végétal qu’animal. C’est la couleur des écorces d’arbres, celle de la terre, de la décomposition de la plupart des matière organiques. Dans le règne animal, c’est la couleur de la toison de nombreux animaux de forêt ainsi que du plumage de nombreux oiseaux. C’est une couleur de camouflage ou de mimétisme assez efficace. Dans la différenciation sexuelle des oiseaux, alors que le mâle arbore parfois des couleurs vives, la femelle est généralement parée d’un plumage marron à vocation mimétique. Le marron du coloriste s’obtient généralement en mélangeant de l’orange avec du noir. Toutefois, le noir étant une couleur neutre qui assombrit les autres couleurs, n’importe quel mélange de couleurs complémentaires qui laisse dominer dans ses proportions la nuance chaude, donnera du marron. Parmi les pigments utilisés par les coloristes, on trouve bien sûr des nuances naturelles et directes de marron : la terre d’ombre naturelle, l’ocre et la terre de Sienne également donnent de belles nuances de marron.

Opulent : terre picarde

Visions de terre de Sienne, de terre de bruyères, de mines de crayon de couleurs toujours trop claire. Il y a un effet “goûteux“ associant le moelleux du chocolat à l’amertume du café. Chaleur et âpreté. La matière absorbe la lumière, un métissage gustatif et minéral de naturel et de coloration.

Enivrant : feuilles de bouleau

Mordoré d’un sous-bois d’automne. On croit entendre crisser les pas. Autre impression : des sons amortis par un tapis de laine épaisse. La brillance (pluie, vernis) loin de créer un sentiment nostalgique exalte tout à la fois le craquant du feuillage et son éclat sous la pluie.

Mœlleux : intérieur d’écorce

Tout une gamme de havane, de bistre, de caramel, de brun chaud qui évoque un matériau de protection aussi bien pour abriter les semis que pour garnir les cages de petits rongeurs. L’association matière couleur par son absence de traitement accentue l’impression de brut, de naturel.

Festif : emballage de fruits boulevard Ney

Le kaki et l’ocre clair, l’aspect de kraft bouchonné et de plastique froissé, renvoient à l’usagé, au sale, à une couleur décolorée, démodée. La matière brillante donne une impression de détrempé, de pollution par des sacs plastiques. Au final tout l’univers des couleurs issues du recyclage, les couleurs de la consommation.

Parfumé : feuilles de laurier

Une volonté d’opposition dans cette composition symétrique (satinée/striée). Les nervures dessinent une figure géométrique évocation d’un passe-temps enfantin “squeletter“ une feuille de marronnier, le grain d’un cuir pour sac de luxe. L’opposition (naturelle) mat/brillant est obtenu par le retournement des feuilles, la couleur change par cette opération.

Solaire : papier sulfurisé

Copeaux brillant comme le cœur d’un œuf au plat, évocation de tarte aux pommes blondes saupoudrées de sucre glace, de pétales de fleurs soufflés, de parchemins superposés, de fragments de coquillages léchés par l’écume. La présence du blanc, élément de transition, renforce le brun pâle, presque rosé.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel

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