Aiaiai, cumulus sur le design !

Posted on 17 avril 2010

D’une méprise sur ce qu’est le design, en passant par deux exemples de détournement, comment le design peut il encore nous surprendre et réveiller l’économie en osant l’humour et l’intégration des codes de l’art contemporain et de la mode.

“Travailler ce n’est pas jouer“. Quelle belle la palissade direz-vous ? Et pourtant l’on prend souvent le design pour une discipline non stratégique, de celle que l’on élimine avec le département communication en temps difficile pour l’entreprise.

Si le design peut se faire léger et pas trop intellectuel il reste tributaire de contraintes lourdes et intrinsèques à son développement, assez proche des processus de la recherche scientifique. Les anglos saxons parlent d’ailleurs d’industries créatives, terme qui englobe des facettes diverses du design mais qui permet de recentrer le design sur ce qu’il est : une industrie, un pan d’économie dynamique, une fabrique à emplois.

Si l’on cherche de l’hédonisme, du jeu dans les créations de designers l’on est vite confronté à des créations qui manquent de poésie. Fantaisie, création, récréation, ne font pas toujours bon ménage au pays de l’architecture et du design. Le design se prend parfois très au sérieux et oublie d’être ludique en plus d’être fonctionnel. Il est dans la démonstration, la justification, il se doit de prouver sa légitimité, à tort.

Nathalie Karg, à l’origine paysagiste, a décidé de tirer parti de ce constat en y ajoutant une contrainte. Associer à l’humour et la fonctionalité  la résistance aux éléments extérieurs (pluie, neige, soleil, vent, …). Celà a donné naissance à Cumulus Studio, une plateforme qui invite chaque saison des designers et artistes à concevoir des objets et mobiliers pour un double usage intérieur et extérieur. Des pièces imaginées comme des oeuvres d’art, avec une belle âme et beaucoup de poésie. Qu’ils soient très confirmés (Ugo Rondinone) ou plus juniors (Allan McCollum, Andrea Blum, Aaron Young), les invités répondent au même cahier des charges.

La première collection de Cumulus Studio a été présentée à New York au printemps 2009. L’histoire continue à faire la pluie et le beau temps, renouvellant le style du design de mobilier et accessoires extérieurs. En mars dernier, une réalisation de Joel Shapiro était montrée dans le cadre de l’Armory Show de New York.

Dans la même veine, le studio danois aiaiai, détourne les codes très sérieux des accessoires high tech et commence là où s’arrêtent les excellents Jawbone et WESC. Casques audio et  autres gadgets prennent des couleurs, se jouent des formes classiques et se muent en autre chose que de simples outils périphériques. Ils font alors partie de notre style, de notre look et secouent l’économie des accessoires audio. Acheter plusieurs casques ou oreillettes devient donc un standard, associer ces éléments à sa garde robe et son humeur du jour un basique.

/Par Andrée Fraiderik-Vertino/ copyrights photo Cumulus Studio + aiaiai

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