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Fouilles dans les styles de vie

Posted on 2 avril 2010

Le “gris est le nouveau noir“ ou « les besoins humains se métamorphosent en mission… » Des mouvements qu’apparemment seuls les chercheurs de tendance eux-mêmes sont capables d’extraire, comme des lemmings dans le désert sont capables d’entendre les bruits lointains. La sensibilité linguistique semble être une sorte de fardeau pour les professionnels de la tendance. Ceux qui gagnent leur vie en présentant des évidences ou l’imprévisible comme incontestable doivent eux-mêmes écrire des choses ridicules avec conviction, vendre des platitudes comme des révélations et surcharger idéalement tant avec des points de vue scientifiques que des faits démographiques. Chaque étude commence par “la crise actuelle » ou « dans des temps difficiles comme ces…“ Certains (Stilwerk-trendstudie – Peter Wippermann, Domo Vision – Gérard Laizé) pourtant se risquent : “la maison, endroit essentiel pour le développement personnel est aussi le lieu de création d’une image personnelle“.

On l’a compris, l’industrie de l’étude des tendances est un univers difficile, au métier souvent ridiculisé, qui promet la connaissance définie, où d’autres offrent seulement des suppositions vagues. Ce n’est pas chez les tendanceurs que nous auront notre “Révolution 93“,  le Manuel pour des Chercheurs de Tendance aura bientôt besoin de révision.

En revanche, Li Edelkoort* ne fait pas l’erreur de justifier les prédictions de l’avenir (pour lequel il n’y a après tout aucune donnée fiable) avec des explications pseudo-scientifiques ou des slogans marketing : c’est probablement un des secrets de son succès. Elle compte entièrement sur sa perception subjective**, filtre les informations et les proposent dans des prédictions convaincantes. Avec émotion et de manière cohérente avec les objets, les matières et des couleurs, elle convainc les plus sceptiques.

Les fabricants adoptent avec enthousiasme les tendances colorées qu’elle prédit et se risquent à les utiliser dans les produits qui confirment alors sa prédiction dans les magasins. Après dix ans passés, comme “Chairwoman“ de la Design Academy Eindhoven,elle a renforcé la réputation de l’école comme la “fonderie“ de talents d’un design d’avant-garde. Cela va sans dire, l’aura de Li Edelkoort a aussi joué un rôle dans son succès, elle n’aime pas la formule des médias la qualifiant de  » visionnaire » ou « haute prêtresse », normal non ! Elle voit surtout ces tendances comme la conséquence ou suite d’événements à long terme, eux même commencés il y a 15 ou 20 ans et qui s’étendent dans le présent et futur : « il y a un lot d’idées fausses en ce qui concerne les tendances, celui ci a été créé par la saisonnalité de la mode et le besoin des magazines de constamment annoncer des nouveautés. Ce qui a détruit la logique de mouvements de style de vie ». Pour Li Edelkoort « le temps est venu pour le changement extrême. La société est prête à rompre avec les conventions créatives, avec la mentalité matérialiste, les remplaçants avec de modestes matières recomposées. Pour elle, “une nouvelle génération de designers reconstitue, forment et formulent le design“. Cette vision sera exposée dans l’exposition intitulée “POST FOSSIL: excavating 21st century creation

*Lidewij Edelkoort, est née en 1950, elle s’installe à Paris en 1975, et créé un empire de décryptage de tendance comprenant son studio, des cabinets de conseil divers, une maison d’édition avec des magazines comme « View on Colour » et des bureaux à Paris, New York et Tokyo. Elle est considérée comme l’une des personnes les plus influentes dans son domaine, peut-être même le chercheur de tendance le plus important dans le monde. **En 1987, Li Edelkoort analysait l’ours en peluche comme étant un phénomène sociologique dans lequel une tension pour l’enfance et l’innocence apparaissait.

<http://www.edelkoort.com et www.2121designsight.jp /copyright de la photo /Marie Taillefer /Par Frédéric Rossi-Liegibel

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