La couleur est souvenirs

Posted on 3 mai 2010

Sans mot pour la dénommer, pas de couleur, pourtant la couleur préexiste à l’homme.

Elle est faite de matière et de pigments qui la composent, de lumière qui la valorise. La couleur, c’est d’abord une vibration, une sensation qui fait naître l’émotion. C’est un cheminement de l’esprit qui se déroule en trois temps : perception, sensation, émotion. De là se reconstitue l’objet à partir de l’un de ses fragments. Le plus souvent tout ceci est inconscient. À force de se répéter, le processus a fait naître des habitudes d’interprétation instantanée. Pourtant, si la couleur dans ce qu’elle a de primitif est affaire d’émotion, comment la qualifier, puisque, par essence, nous avons chacun des émotions différentes ?

L’émotion naît de notre perception de la couleur intimement liée à notre capital de souvenirs. Pas de couleur sans émotion, sans association, sans réaction de plaisir ou de déplaisir. Le sens donné aux choses se construit conjointement sur nos expériences, personnelles et collectives, et sur nos acquisitions culturelles.

Aussi, chacun de nous éprouve et exprime une affinité avec telle ou telle couleur. Puis, voilà que le langage s’en mêle ! On s’aperçoit qu‘il n’y a pas énormément de termes directs et simples pour identifier une couleur. Dans les langues indo-européennes, en dehors du blanc, du noir et du gris (dont on peut toujours se demander s’ils sont des couleurs), il n’existe que quatre vrais noms de couleurs: le rouge, le bleu, le vert, le jaune. Et dans les langues anglo-saxonnes et latines, les vocables fondamentaux sont au nombre de onze et traduisent un champ chromatique : bleu, blanc, brun (marron) gris, jaune, noir, orange, rose, rouge, vert, violet. À partir de là,  émergent d’autres terminologies chromatiques telles que blanchir, bleuté, violâtre, beige, glauque, bruni, etc.

/par Frédéric Rossi-Liegibel /image GrowOnYou – Lucy Mc Rae

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