Ceci n’est pas…

Posted on 22 juin 2010

Paris offre en ce mois de juin une multitude d’événements design, in et out. Parmi les “in“, l’espace Modem présente le travail de François Azambourg, une occasion de faire un point sur une démarche atypique dans l’univers du design. Attention, “ceci n’est pas…“

Ceci n’est pas un Magritte, c’est un Azambourg. François Azambourg, designer et enseignant français. Plus expérimentateur, chercheur, observateur que dans la production de masse qui encombre notre monde. Il scrute les abeilles à qui il confie la réalisation de sa coupe “Nid d’abeille“. Mais ceci n’est pas une coupe, c’est une technique de reproduction aléatoire : sa forme échappe ainsi en partie au designer et même à la main humaine. “J’ai toujours été tiraillé entre l’aspect plastique et l’aspect technique. Je ne dessine pas mes objets, je les compose. (…) Je sais déjà selon quelle technique je vais réaliser l’objet, c’est elle qui influence sa forme. Cela crée une imbrication complexe : on a envie de quelque chose et l’on obtient ce que l‘on attendait pas. L’objet est un mélange de techniques, de fonctionnalités, de beauté et de plaisirs plastiques“ indique Azambourg. Ceci n’est pas un événement officiel de Designer’s Days, c’est une exposition de design d’un partenaire intelligent. “Ceci n’est pas…“ en est le fil rouge et le titre. Elle n’est pas une rétrospective, mais une monographie sélective, un parcours. Le propos est de montrer que ce que l’on voit n’est pas la seule réalité, qu’un objet est aussi le résultat d’un process, d’une technique… L’accrochage – car on peut vraiment parler d’accrochage – est tout à fait amusant et décalé comparé aux propositions habituelles des musées ou galeries. Les pièces semblent jouer à chat perché… observez ces chaises en équilibre, plaquées au mur les pieds arrière sur la plainte, ceux avant suspendus dans le vide. Et la table “La Belle et le Clochard“ (édition Moustache) qui semble aussi vouloir grimper ! Pardon, “Ceci n’est pas une table, c’est un sandwich“. En effet, son plateau est fait d’une mousse de polyéthylène prise entre deux plaques de palissandre lisibles sur la tranche. On gagne ainsi en masse mais pas en qualité perçue. Enfin, ceci n’est pas une femme Barbara Gould, c’est Cendrine de Susbielle qui assure la programmation de l’espace Modem. Elle vous dira aimer le vase « Douglas », et qu’il n’est pas un vase mais une pinède… On remarquera aussi le tabouret en argent massif (édition Galerie Kreo), la chaise “Lin 94“ (édition DCS), la chauffeuse “Mr Bugatti“ (Cappellini) ou la mallette “Herlight“ (Hermès). Finalement, et si Magritte (qui nous alertait sur le rapport entre réalité et perception) avait raison et que tout ceci n’était qu’une pipe ?

/Images © Emmylou Maintigneux / image 1 – la valise « Herlight » (Hermès) – image 2 – les vases « Douglas » (CIAV) image 3 – la coupe »Nid d’abeille » (prototype en cire) – Exposition jusqu’au 25 juin 2010, Espace Modem, 25 rue Yves Toudic Paris 10e

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