Constance Guisset®cooperativedesign

Une forme d’apothéose créative

Posted on 2 juin 2010

Le travail présenté par Constance Guisset ces dernières années qui vient en renfort de missions de scénographie pour Le Funambule d’Angelin Preljocaj, d’expositions mais aussi de réalisation média au travers d’un film sur les jouets mécaniques à la demande du Musée des Arts Décoratifs (section jouet). C’est donc un travail plus personnel que dévoile la designer, par opposition aux années consacrées au service des projets des autres. Peut on qualifier de personnel la réalisation d’une poubelle ? Si l’objet est une proposition de méthodologie simplifiée pour non pas éduquer mais agir pour ce qui est du tri. Au sujet de son approche, elle déclare : “Mon travail s’articule autour d’une réflexion sur l’illusion visuelle et la surprise. Je m’attache à créer des objets en mouvement, visant à susciter un étonnement durable ou une fascination passagère. Leur édition comme transformation est une mue au cours de laquelle ils passent de projet à réalité, pour ne garder que l’essentiel, la légèreté et la poésie de l’intention initiale. Au terme de ce travail, le projet sort de sa chrysalide et devient objet fini, destiné à la manipulation exclusive de l’utilisateur. Et vole de ses propres ailes.” Un travail récompensé par la mention “créateur de l’année“ pour Now ! Design à vivre.

AVEZ-VOUS DÉJÀ CONCUE VOTRE  CHAISE ?

J’ai eu l’occasion de concevoir une chaise à bascule, dont un prototype a été financé par le VIA. C’est pour l’instant ma seule chaise et j’espère avoir l’occasion d’en concevoir d’autres. Je ne sais pas si un designer a une chaise idéale dans son esprit, j’ai l’impression que les aspirations changent et évoluent.

En tous les cas, j’espère que je n’ai pas encore conçu « ma chaise ». J’ai d’autres idées en tête.

QU’EST-CE QUE LA MATURITÉ DANS VOTRE PRATIQUE?

Il y a plusieurs formes de maturité. On peut progresser sur le plan de la méthode de conception et atteindre une certaine maturité qui donne la capacité de réaliser au mieux nos idées en résolvant les problèmes avec expérience.

Mais il y a certainement une maturité de travail qui correspondrait soit à une forme d’apothéose créative (signe d’éclat ou de déclin futur ?). Je ne connais pas les signes de cette maturité, je crois qu’on la perçoit après coup. En tous les cas, les personnes extérieures sont certainement plus à même de prendre ce recul pour analyser les périodes.

LE DESIGN EST-IL UNE QUESTION D’ECHELLE ?

Il y a bien entendu une notion d’échelle, mais elle entraine aussi d’autres facteurs. On ne dessine pas une chaise comme un batiment. Les enjeux sont différents, la complexité est différente, la théorie est différente. L’échelle amène beaucoup d’autres notions que l’unique taille. J’ai beaucoup d’admiration pour les architectes.

QU’EST-CE QUI FAIT COURIR CONSTANCE GUISSET (AMBITION, VALEURS, RECONNAISSANCE) ?

l’envie.

Y A T-IL UN DESIGN UTOPISTE ?

Je pense que oui. Mais il est moins pensé que l’architecture utopique car il est peut-être moins total. En fait, c’est un long débat. Le manque de théorie sur le design (par comparaison avec l’architecture) éclaire certainement un peu cette question.

VOUS INSCRIVEZ-VOUS DANS UN ÉCOSYSTÈME ?

Le design n’est pas un métier solitaire, a priori. Qu’il s’exerce en groupe au départ ou non, c’est un métier aux multiples interractions nécessaires. On travaille avec des techniciens, des chercheurs, des éditeurs etc. Les problématiques de collaboration me semblent les mêmes que par le passé.

/Photo 1 – Le Funambule, le spectacle - Photo 2 – Duplex /Felipe Ribon

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