
Le vert est une des trois composantes permettant de reproduire toutes les autres couleurs. Mais même si la nature est verte, on y trouve peu de pigments verts. C’est donc le mélange de pigments qui prédomine dans les expressions artistiques. De la malachite (carbonate de cuivre) des Égyptiens, en passant par les verts des moines du Moyen Âge, à la terre verte des romains, composé d’une argile colorée par l’association d’oxydes de fer et de magnésium, au vert-de-gris (cuivre, laiton, bronze), des mélanges de cobalt oxydé et de zinc utilisés dès le XVIIe siècle, à l’oxyde de plomb mis au point par Panetier à Paris vers 1835 aux verts organiques de synthèse (phtalocyanine, naphtol) : le vert n’est pas très naturel. Pourtant, l’utilisation du vert, en tant que colorant ou pigment est évidemment présente dans tous les domaines.
Associée symboliquement et commercialement au goût et à la fraîcheur, culturellement, le vert a une vaste signification, parfois contradictoire : dans certaines cultures, le vert symbolise malchance comme chance, dans d’autres, il est associé à la maladie et à l’envie.

éternel : tiges de sureau, Picardie, le 16 avril 2005
Surface endormie d’une mare ou brindilles emportées par le vent qui flottent sur une matière vaseuse ?
La saturation des verts des brindilles, des tiges, les ombres et la lumière verdâtre créent une polysémie autour de la couleur qui impose l’évocation de marécages, de forêts primaires.
absolu : ampoule, le 3 avril 2005
Le rendu fluorescent et translucide appartient à l’univers des expériences chimiques sur un matériau synthétique ou à celui de la science-fiction.
L’aspect synthétique, brillant, la lumière artificielle, le vert luminescent dégagent une énergie puissante dans cette composition factice.
citadin : lichen, le 8 mai 2005
L’aspect grumeleux évoque à la fois des feuilles en décomposition, de l’herbe mâchée, un hachis d’épinards
La lumière (le vernis) renvoie à une matière digérée, en cours de transformation.
originel : algues, le 10 mai 2005
C’est une onde délicate qui joue avec des algues, des chips beurrées de guacamole dégustées entre amis.
Le vert artificiel associé au jaune, donne cette impression de légèreté, de douceur, de « soufflé ».
redoutable : tissus, le 22 avril 2005
Matière épaisse, d’un bleu vert intense qui évoque aussi bien l’odeur d’un gazon fraîchement tondu, le terrain accidenté d’un parcours de golf, qu’un parfum de chewing-gum à la chlorophylle.
La couleur véhicule la fraîcheur, l’énergie, l’espoir et la bonne humeur.
fugace : algues, le 10 mai 2005
Composition tourmentée, visqueuse, qui évoque un gouffre sous-marin, obscur et inquiétant ou un terrain hostile détrempé par les pluies.
La lumière claire qui illumine le fond crée un contraste inquiétant entre ombre et lumière, mat et brillant.
/Par Frédéric Rossi-Liegibel








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