Vert

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 19 juillet 2010

Dans certaines cultures le vert n’existe pas, du moins il n’existe pas de mots pour le désigner : pas de mot distinctif entre le bleu et le vert. En thai “vert“ signifie également “malodorants“ et est titulaire d’autres significations voir de mauvaises connotations. En japonais, en dépit de l’existence d’un mot dans la langue moderne, la couleur est parfois décrite comme le bleu, reflétant l’absence d’un mot qui signifie vert dans le vieux japonais. En poésie persane, les femmes à peau foncée sont désignées comme vertes !

Espoir, il est symbole de la jeunesse, de naissance, de printemps ; Vertu théologale c’est l’espérance ; Hasard c’était une couleur instable en teinturerie, alors que penser du “greenwashing“ ce procédé marketing qui consiste à colorer l’image d’une entreprise de couleur écologique et responsable. Complémentaire du rouge, couleur médiatrice entre le chaud et le froid, le vert rafraîchit et rassure. “Dis Papa, pourquoi la prune noire elle est rouge ? – parce qu’elle est verte !“

Précieux, par le jade, ou l’émeraude, ou redoutable avec l’absinthe, il peut rendre fou.

La matière, son épaisseur ou sa fluidité, sa transparence, le jeu des lumières lui procurent maintes charges subjectives. Avec une polarité antagoniste : renouveau et pourriture, vie et mort, ce qui vient pourtant immédiatement à l’esprit est une vision végétale.

Vert émotion… Vert amande, vert pistache, vert tilleul, vert prairie, vert gazon, vert mousse, vert sapin, vert réséda… Que de nature !

En fait, le vert est l’alliance de l’inconciliable, de l’eau et du feu, du bleu et du jaune. Si le ver est dans le fruit, le vert est dans les légumes : chou vert, salade, olives, lentilles, flageolets, haricots verts, petits pois, menthe verte, pomme verte… Quel marché de la fibre ! Une indigestion, pour parler vertement.

Pour certains, pourtant, le vert est plus affaire de culture que de nature.

Glauque, à l’origine du monde, il semble être la couleur de la vie, même extraterrestre. Il est naturel et surnaturel. Soyez écologiques, mais méfiez-vous du rayon vert, fugace et invisible. Difficile, le vert n’est pas très aimé, rose, il est banal, jaune, il est glacial….

Sophistiqué ou neutre. Thermal, atténué, bleu ou gris, il ne vit que la nuit, s’éloigne de la mode, casse les codes. Le vert, ce  n’est que de la lumière, comme un rayon de soleil filtré par un feuillage en forêt, une couleur portée par un regard sensuel.

Morbide, glauque, maladif, il ne demande qu’à être réchauffé, qu’à vivre, qu’à devenir sain ! Gai, rayonnant, éclatant : il y a tellement de “verts“ différents ! Froid, tendre, flashy, le vert est si particulier, si protéichrome ! Poudre, c’est une couleur gaie, rayonnante, fraîche, qui donne de l’éclat. Précieux, par le jade ou redoutable avec l’absinthe, il peut rendre fou. Vert émeraude, eau profonde et sombre, le vert est l’alliance de l’inconciliable, de l’eau et du feu, du bleu et du jaune.

Mes mots pour le vert

fugace, citadin, redoutable, absolu, éternel, originel

/Par Frédéric Rossi-Liegibel

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