Zones d’ombre et de lumière

Posted on 29 août 2010

Baptisés “parcours d’influences“, trois cabinets de tendances étudient les styles de vie, les tribus récemment formées, et les confrontent à la mode et au design. Alors que proposent-ils cette saison ?
En balayant les objets qui vont être dévoilés du 3 au 7 septembre prochain, ils se sont entendus pour travailler sur la frontière entre vie publique et vie privée. Pour les uns, le désir de recréer un territoire rien que pour soi, hors de l’agitation du monde, s’avère essentiel. Pour d’autres, il s’agit de mettre en scène des désirs violents. Un parcours avec comme fil conducteur cette question : la décoration de la maison dévoile-t-elle nos zones d’ombre et de lumière ?* Vincent Grégoire (NellyRodi) dans Please disturb exhibe une intimité surexposée, en révolte contre le conformisme ambiant, l’extravagance et la dérision. Il fait voler en éclats les codes esthétiques et brutalise sans vergogne la matière et les formes. Cabossés, brûlés, bandés ou troués, place aux objets malmenés. Son choix offre une expression ouvertement érotiques. Une nouvelle fois le travail de Vincent se veut en rupture, comme tous les six mois d’ailleurs. c’est une des particularités de son approche, savoir brûler tout ce qu’il a construit précédemment, quitte à apparaître dans l’espace qui lui est dévolu, comme un peu brouillon, mais tout s’efface devant la joie transmise par ces néologismes.   François Bernard dans Microcosmes prend le contre pied d’un monde bruyant où l’on est surexposé. Pour lui l’époque aspire à retrouver le silence intérieur d’un objet qui s’imbrique dans le lieu, où le confort en quête de sérénité, de discrétion recrée des espaces pour soi où prédominent la poésie. D’année en année, “François le secret“ introduit ses observations des produits proposés par les exposants (n’oublions pas que les parcours sont un reflet de la proposition marchande). Mais ses observations sont toujours contextualisées et c’est ce qui donne sa force à son espace à mi-chemin entre exposition et rendu d’étude. Elizabeth Leriche dans Archaic Shelters propose de nouvelles protections pour retrouver la paix intérieure. Un refuge où le besoin de réconfort répond au besoin d’intimité. Du fragile au brut, de la plume à la pierre, en passant par les peaux animales, le design et l’architecture emprunte à la nature pour recréer son nid. La proposition d’Élisabeth se situe en droite ligne de ses analyses passées. La même poésie se dégage de son travail : elle appuie par ses dévoilements ce mouvement décoratif et design qui se maintient dans le design depuis les Tsé Tsé jusqu’à Constance Guisset, en passant Élise Foin. *L’Observatoire présente la 17ème édition du cahier d’inspirations sur le thème de l’intime, le parcours des influences 2011. Maison & Objet nous pose la question  de savoir “que reste-t-il d’intime dans une époque surexposée qui oscille entre exhibition, discrétion et transgression et désir de sérénité ? Les Cahiers d’Inspiration issus de la collecte sont magnifiques, mais pas faciles de décoder ces grandes revues dans lesquelles se côtoient des petits bouts de tissus et de jolies couleurs.
Mais peut-être ne faut-il pas chercher à y voir autre chose qu’un magnifique objet de collection, qui enrichit nos bibliothèques et notre imaginaire, sans se poser la question du renouvellement tous les six mois. Image 1 Vincent Grégoire (NellyRodi) /Please disturb /fauteuil showtime /Jaime Hayon  - image 2 /François Bernard /Microcosmes /Meuble de rangement Segreto /frères Campana /Edra  - image 3 – Elizabeth Leriche /Archaic Shelters /Orbit Love Seat /en illustration, la campagne de communication de l’INPES pour remobiliser le grand public face au SIDA et lutter contre les discriminations.

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