Destruction sublime

Posted on 15 octobre 2010

L’exposition Arman au Centre Pompidou présente 120 œuvres de l’artiste dont une œuvre peu connue du public mais pourtant remarquable : “the day after“ dans la série “Combustions“.

Il s’agit d’une œuvre en bronze représentant la totalité d’un salon Louis XV à moitié calciné. La série des « combustions » est une concrétisation de sa recherche d’une “destruction sublime“. L’objet, au fur et à mesure de sa destruction perd sa qualité d’objet pour se transformer en œuvre d’art. Toujours fasciné par le principe de catastrophe il recherche donc au moment où l’objet est en passe d’être réduit en cendres ce qu’il considère comme « l’esthétique de la ruine ».

Cette démarche tourne autour du paradoxe destruction/création. Sam Hunter dans son livre “Arman’s Apocalypse“ nous explique qu’il parle pour cette œuvre de “catastrophe arrêtée“ pour laquelle l’élément temporel a une importance capitale car » la catastrophe a été arrêtée à temps. Le processus destructeur n’est donc pas achevé, nous avons un accident interrompu dans ses phases finales ». Une fois les meubles calcinés, Arman en fait un moulage et les coule en  bronze faisant ainsi passer l’objet d’un symbole représentant un éventuel anéantissement de notre société  à une œuvre s’approchant de la destruction sublime qu’il recherchait.

Cet anantissement Maarten Baas le recherche également, même s’il refuse de commenter ses intentions.

Dès 2003, à sa sortie de la Design Academy, il présente son projet de fin d’études “Smoke” qui a marqué de façon indélébile les esprits. Arrogance, irrévérence vis-à-vis du passé , il propose des meubles de style livrés à la crémation (et préservés dans leur fonctionnalité par une couche de résine). Mis en scène par le galeriste new-yorkais Murray Moss, baptisée “Where’s There’s Smoke…” Marteen brule “ce qui a constitué ses plus fortes influences historiques, dont Mackintosh, Rietveld ou Eames, Baas a dégagé de l’énergie pour se propulser en avant“. “Le défilé d’icônes du XXe siècle brûlées était extrêmement émouvant, fort comme un adieu“ ajoute Li Edelkoort.

/Par Marc Kelman & Frédéric Rossi-Liegibel /Le Centre Pompidou/ Arman/du 22 septembre au 10 janvier /Arman, Le Fauteuil d’Ulysse, 1965©ADAGP Paris 2010, phot. Jean-Claude Planchet / Maarten Baas – Smoke – Dining chair Moooi

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