Le marché des meubles d’occasion du design

Posted on 16 décembre 2010

On peut dire que le marché d’occasion du design a débuté son ascension vers la fin des années quatre-vingt lorsqu’un nombre encore restreint d’amateurs s’est mis à rechercher du mobilier des années soixante et 70. Ce mouvement a commencé aux Puces de Saint-Ouen mais on a vite trouvé des meubles design chez des antiquaires traditionnels ou des galeries qui ont senti venir l’engouement pour ces meubles. La demande s’est développée avec l’arrivée sur le marché d’une jeune génération de collectionneurs nostalgiques de leur jeunesse.

Porté par la mode vestimentaire qui s’inspirait des mêmes périodes, le désir de ces jeunes collectionneurs a évolué petit à petit vers un design plus contemporain. Parallèlement, les collectionneurs d’art sont venus petit à petit rejoindre les amateurs de design car les marchands ont très vite organisé un marché copié sur les stratégies commerciales du marché de l’art en proposant des prototypes, des pièces uniques ou des séries très limitées. Un nouveau marché est donc né avec quelques figures de proue comme Karl Lagerfeld dont l’appartement de Monte Carlo, entièrement meublé en style Memphis, a été photographié par tous les magazines people de la terre. Un autre phénomène va également contribuer au développement du design contemporain : l’arrivée dans les salles de vente des pièces les plus rares et les plus spectaculaires qui vont créer une phase spéculative comme cela s’était déjà passé pour le marché de l’art.

Au fil des années les prix se sont envolés jusqu’à la crise de 2008 qui a généré un réajustement des prix assez drastique allant jusqu’à 40 % pour certains designers. Mais cet essoufflement n’a pas empêché quelques meubles exceptionnels de designers tête d’affiche d’atteindre des prix époustouflants. Alors que les grands noms du design comme Charlotte Perriand à la modernité radicale, Carlo Mollino et ses lignes dynamiques ou Marc Newson et ses icônes biomorphiques voient leurs prix se maintenir voir même augmenter pour les pièces d’exception, on assiste également à la montée des prix pour des créations plus fantaisistes comme celles de Jean Royère ou de François-xavier et Claude Lalanne qui sont recherchés pour leur poésie décorative. Mais les chiffres mirobolants atteints ne peuvent cacher toutes les pièces majeures qui ont été vendues cette année sous leurs estimations ou carrément ravalées. Le second marché du design est toujours dynamique mais, crise oblige, les acheteurs sont de plus en plus prudents.

C’est pourquoi aujourd’hui, en ventes publiques, on assiste à un mélange des genres pour combler l’exigence de nouveauté des collectionneurs. Ainsi dans une vente il peut y avoir des objets de créateurs issus des arts plastiques ou diplômés d’écoles réputées mais aussi de stylistes issus de la mode. Cette tendance au mélange des genres permet l’apparition dans les ventes d’objets inhabituels. Les séries limitées aux prix élevés à cause de leurs coûts de production seront toujours les objets phare d’une vente mais continueront à se retrouver mélangés avec ceux fabriqués en grandes séries, aux prix accessibles par tout le monde car en matière de design, l’éclectisme est de mise.

/Par Marc Kelman /Sources : Le marché de L’art contemporain 2010/ the artprice annual report/ bilan des ventes publiques article en liaison avec celui publié il y a un an : Le marché du design à l’assaut de nouveaux sommets / illustration Omaggio a Gaudi /Carlo Mollino

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