Un nuancier dans la poche

Posted on 28 mars 2011

La couleur est un concept qui nécessite un outil de traduction. Il permet de transmettre l’intention créatrice voulue, tant pour le rendu que pour la qualité des matières. Deux approches sont alors possibles. D’une part, modéliser les couleurs, d’autre part nommer ou caractériser de façon stable un ensemble déterminé de couleurs en élaborant des nuanciers. Avec un modèle, c’est la recherche, par tâtonnement, d’une couleur la plus proche de l’échantillon. Avec un nuancier, c’est le choix d’une couleur parmi une gamme de couleurs étalonnées. En se contentant de noms communs pour désigner une couleur, on ne peut pas être très précis. Pour résoudre ce problème, on utilise donc des nuanciers. Ce sont des catalogues définissant visuellement un ensemble limité de couleurs. Chacune est reproduite sur un support papier, accompagnée d’un code, un “identifiant“ unique. Lorsqu’un nuancier donné est “reconnu“ par une entreprise, cela signifie qu’elle sait obtenir précisément toute couleur qui y est référencée. Il existe des nuanciers génériques, les plus répandus, et des nuanciers spécifiques. Ils ont un point commun : ils se veulent génériques, sans restriction à un domaine en particulier. Le principal problème reste que les nuanciers présents sur le marché, ne prennent absolument pas en compte la matière et la qualité de la lumière réfléchie. Ils s’envisagent donc selon un référent en deux dimensions (2D) – comme si le monde était sans relief.

Les limites des nuanciers actuels* : une grande majorité définit une couleur par la donnée de trois ou quatre  composantes (rouge / bleu/ vert ou cyan /magenta/ jaune/ noir). Auquel s’ajoutent l’effet de surface et la nuance ou la teinte. Les modèles ne sont pas “transposables“. C’est-à-dire qu’une même formule donnera potentiellement deux couleurs différentes, selon le support sur lequel elle sera reproduite. Chaque nuancier repose sur un modèle, qui lui-même se fonde sur une théorie. Les nuanciers actuels se réfèrent à des modèles créés il y a environ un siècle. La mise au point d’un nuancier est un projet qui incite à développer une attitude active d’information et de recherche face aux innovations technologiques. Notre projet Cooperative Design se propose de contretyper les couleurs de la Nature, en cherchant à retrouver avec le plus de précision possible la couleur initiale, applicable sans dégradation sur des surfaces de caractéristiques différentes.

Nous avons développé une application smart phone. L’idée est d’avoir un nuancier dans la poche et, en quelques clics, de déterminer une palette de couleurs pour un usage professionnel. C’est la première étape. Dans quelques mois elle s’enrichira d’une banque de donnée matériaux. Elle permettra en quelques clics supplémentaires de trouver LE matériau et son fournisseur. Voici le lien pour la télécharger – son coût est de 7,99 euros. En téléchargeant cette application vous nous permettrez de la développer et de rendre l’outil plus performant. Vos remarques et suggestions seront les bienvenues.

*À noter qu’il n’est pas question ici des “nuanciers“ des marchands de couleurs, fabriquants d’automobiles ou de cosmétiques composés d’un nombre de teintes très limité. Ces documents sont souvent désignés par un nom créé pour la circonstance, choisis avec soin par les équipes marketing. Image – Maibritt Ulvedal Bjelke, Parisian fifty-fifty no 5, 2010 Huile acrylique papier toile — 20 × 20 cm /Photo © 2010 Maibritt Ulvedal Bjelke — Galerie Maria Lund /musique Philip Glass Koyaanisqatsi (Complete Original Soundtrack), Clouds, tout droit respecté, morceau acheté via iTunes.

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