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Perriand, prénom Charlotte

Posted on 11 avril 2011

Depuis quelques années Charlotte Perriand est sur le devant de la scène. Écrasée à l’époque par la renommée internationale des Jeanneret, elle était tombée dans l’oubli depuis la fin des années soixante alors qu’elle a agi en pionnière avec son travail sur l’art brut, les éléments naturels, le bois, la pierre et les métaux.

D’ailleurs son nouveau statut d’icône est indicatif du devenir de chacun d’entre nous. Pour ceux qui fréquentaient les expositions et vernissages à la fin des années quatre-vingt-dix, il n’était pas rare d’y croiser “Madame Charlotte“, si reconnaissable avec son chignon tiré haut, elle avait su très tôt bien avant Matalie C. logotyper son image. Alors pourquoi ce retour si fort ? Plusieurs raisons : la qualité de son œuvre bien sûr ! la contemporanéité de ses créations propre à influencer durablement les designers et les architectes, la réédition de ses pièces les plus remarquables, et le travail des galeries – de sa fille aussi.  Tous nous avons compris la place particulière de cette artiste qui a su très tôt choisir le design et non la décoration. Mais sa qualité principale : être une femme dans un milieu masculin, le XXe siècle en est pauvre. C’est vrai que l’on assiste au retour des prénoms depuis quelques années : Easme, Knol, Day… Il en est de même pour Charlotte Perriand, intégrée dans des cabinets d’architecture, liée par l’action aux œuvres emblématiques de ses patrons (le Corbusier – maison du Mexique /Cité internationale). Artiste pluridisciplinaire elle du attendre cette première décennie pour reprendre sa place dans le manuel (à écrire) de l’histoire du design.

Deux événements en ce moment Paris, la découverte de sa Maison de thé au Bon Marché et…

Une exposition très intéressante qui s’ouvre au Petit Palais car elle interroge l’œuvre de C. Perriand sous un autre regard. On y découvre l’importance qu’a eue la photographie dans sa création – encore un point de modernité et d’actualité. Elle commence par s’en servir comme support d’étude pour le dessin de ses meubles dès son entrée dans l’atelier de Le Corbusier en 1927, puis intègre le photomontage comme élément de décor monumental. La salle d’attente du ministère de l’agriculture exécutée en 1936 en est le plus bel exemple. À partir de 1937 elle va même jusqu’à intégrer dans les plateaux de ses tables basses des photos d’objets bruts qu’elle a trouvées dans la nature et qu’elle a elle-même photographiés comme s’il s’agissait de créations prestigieuses.

L’exposition qui fermera le 18 septembre se présente en quatre thèmes – I – “une démarche constructive“ correspondant à la période où elle travaille avec Les Jeannneret – II – “l’art brut“ qui développe le rôle des objets apparemment insignifiants qu’elle trouvait dans la nature mais qui vont lui permettre de quitter l’esthétique industrielle des années vingt dont elle va petit à petit remplacer les lignes droites par des courbes – III – “la montagne“ qui fut sa grande passion et pour laquelle elle conçu de nombreux projets (dont les Arcs) – IV – “L’art et la terre“ où l’on découvre à travers ses photos l’importance que la nature eut comme source d’inspiration.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel /Charlotte Perriand – De la photographie au design – 7 avril 2011 – 18 septembre 2011  /PETIT PALAIS /Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris /Avenue Winston Churchill -75008 Paris /image 1 – détail d’un plateau de chaise conçue en 1960 – image 2 –  Charlotte Perriand, Janvier 1991 Atelier crédit /photo Robert Doisneau®

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