“Juste“ concernée par la diffusion de la culture du design

Posted on 13 juillet 2011

Pour tous nouveaux venus dans l’univers du design, la découverte dans les agences de design des diplômes “Janus“* surprend toujours : “qu’est ce que c’est“ ? osent-ils… “la récompense d’une démarche industrielle“ répond-on ! Mais encore ? La vraie réponse est contenue dans le nom et l’effigie. Le dieu romain aux deux visages : de la paix et de la guerre, est ici celui de la création et de l’industrie. En ça la démarche soutenue depuis 60 ans par l’Institut Français de Design se démarque de celle de l’APCI qui récompense par des étoiles les créations de design industriel. L’APCI et l’IFD deux actions parallèles conduites par les “deux Anne Marie“ (Boutin pour l’APCI, Sargueil pour l’IFD). Interrogeons la seconde. D’abord une question sérieuse, puis notre questionnaire de Proust !

LA NOTION DE DESIGN EST-ELLE BIEN COMPRISE ?
On est presque passé d’un extrême à l’autre. La façon dont on voyait le design d’un objet a longtemps été cantonnée à son aspect. On est ensuite passé à des explications quasi inverses, avançant que le design n’était pas la forme, l’esthétique d’un produit. Selon moi, le débat n’est pas là. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur d’utiliser le mot “esthétique“. C’est l’interface sensible qui nous séduit, qui nous dit des choses. La question n’est donc pas de savoir si un objet est beau ou pas, mais de savoir s’il remplit parfaitement son rôle.

LA CONCEPTION D’UNE CHAISE EST-IL TOUJOURS LE PASSAGE OBLIGE POUR LE DESIGN ?
Oui, quand il veut être vu dans les médias-de-design. Il arrive même qu’il vaille mieux y poser ses yeux que ses fesses. Non, quand il accompagne le développement et l’innovation au sein des entreprises et que sa créativité est au service de la stratégie de son client. Dommage que trop peu de journalistes (et/ou de médias) soient peu curieux des problématiques résolues par la conduite d’un chariot élévateur, d’un dispositif médical, d’un coffret électrique étanche ou d’un produit B2C bien pensé !

AVEZ-VOUS DÉJÀ CONÇUE VOTRE “CHAISE“ (GRAND PROJET) ?
Oui, j’ai donné une deuxième vie à une chaise de cuisine, pas mal…

QU’EST-CE QUE LA MATURITÉ DANS VOTRE PRATIQUE, ET QUELS EN SONT LES SIGNES ?
Très simple : il n’y a pas de recettes, seulement de l’observation et de l’écoute, que des histoires différentes car des histoires d’hommes et de rencontres. Rester humble c’est l’apprentissage de la vie ! Soyons modestes en avouant que je ne suis pas designer… juste concernée par la diffusion de la culture du design.

GRAPHISME, OBJET, ARCHITECTURE, URBANISME, LE DESIGN EST-IL UNE QUESTION D’ÉCHELLE ?
Quelle que soit l’échelle, là où il y a interface avec la Personne, il y a “projet de design”. De la petite cuiller à la ville, oui. La ville, c’est plus complexe, le but c’est un mieux vivre ensemble ; il y a de nombreux partenaires (politiques, économiques, culturels et citoyens), les problèmes bien posés déboucheront sur des cahiers des charges dont les solutions seront forcément collaboratives. Le design est le meilleur outil pour gérer la complexité ; au service de “la Personne, l’Entreprise et la Cité”, notre base-line.

QU’EST-CE QUI VOUS FAIT COURIR ?
Je ne cours pas, je marche lentement et avec ténacité, j’ai une ambition sans mesure pour ce que je crois, c’est l’envie de construire une œuvre qui me fait me lever et rêver ! Je pense que l’entreprise est LE lieu de création (le savoir-faire des hommes et des femmes, le projet conduit ensemble) et je crois dans l’initiative privée au service de l’intérêt général.

cd : Y A-T-IL UN DESIGN UTOPISTE ?
Ce n’est pas le design qui est “utopiste” c’est la vision des politiques et des entrepreneurs, qui peut nous entraîner dans une démarche globale. Attention aux recettes idéologiques, il n’y a que quelques grands talents par siècle. On les connaît… ou pas, il n’y a pas que les grands projets architecturaux pour “designer” le monde.

VOUS INSCRIVEZ-VOUS DANS UN ÉCOSYSTÈME ?
Une nouvelle génération semble se constituer en réseau. Donnons-leur le moyen d’éclore !
Jacques Viénot** aussi a créé un écosystème avec l’Institut d’Esthétique Industrielle (après l’aventure de Porza, association internationale d’artistes) ; aujourd’hui, et depuis 60 ans (1951), l’Institut Français du Design rassemble et œuvre aux côtés des entreprises et des designers. Avec des initiatives au service de la collectivité et qui ne coûtent rien au contribuable, c’est un bel écosystème et c’est aussi un beau challenge créatif !

*L’Institut Français du Design favorise les projets qui s’inscrivent dans une démarche de mieux vivre, créés dans un centre d’expertise et qui promeuvent l’éthique professionnelle dans une économie de marché ». Depuis 1951, l’Institut Français du Design (IFD) sélectionne des produits et services qui privilégient le respect de l’utilisateur et de son environnement. Assisté d’un jury pluridisciplinaire de 50 experts issus des univers de l’entreprise, de la création et des sciences humaines, l’Institut Français du Design décerne ainsi le label Janus aux produits qui répondent à ces exigences :l’intention du concepteur, la valeur éthique de l’objet, son apparence, les matériaux employés et l’intérêt pour l’usager
**Jacques Viénot fonde, en 1951, l’Institut d’Esthétique Industrielle, qui deviendra en 1984 l’Institut Français du Design. En novembre 1953, la sélection Beauté France créée par l’institut, devient le label le label Français d’Esthétique Industriellepar arrêté ministériel, rebaptisé en 84  le Janus de l’Industrie. Et aujourd’hui suivi d’autres : l’Étudiant, de la Santé, du Commerce, de la Cité, des Services.

/Image /THE SOURCE SIT / Atelier Outdoor Design /Janus de l’Industrie 2011 /POD (Pure Océan Distillation) /Un appareil autonome de dessalement de l’eau de mer ou saumâtre. Pour améliorer la production en eau potable de populations isolées.

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