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Il est indispensable d’être à l’écoute

Posted on 16 novembre 2011

Aux savoir-faire exceptionnels dans le domaine du gaufrage, du marquage à chaud et de l’incrustation sur papier, Laurent Nogues* apporte la dimension supplémentaire de la création graphique qui lui ouvre les portes des clients les plus prestigieux : Christian Dior Parfums, Chanel, la Monnaie de Paris, Cognac Lheraud.

QUE SONT UN MAÎTRE, UNE MAÎTRISE ?

Avant toute chose un apprentissage et donc une transmission ; ensuite un cheminement et une philosophie du travail ; celle de faire évoluer son savoir au fil du temps, des rencontres et des difficultés surpassées.

LE SAVOIR FAIRE ?

Un savoir-faire n’est pas une fin en soi, il est indispensable d’être à l’écoute, de créer et de provoquer le lien avec une conception contemporaine, de faire vivre nos techniques et sans cesse de repousser les limites.

PEUT ON COMPARER LES MÉTIERS D’EXCEPTION FRANÇAIS AUX TRÉSORS NATIONAUX JAPONAIS ?

L’inspiration me semble évidente, néanmoins nous sommes loin de la culture de l’héritage et du respect nippon envers les savoir-faire ancestraux, nous devons tirer les enseignements de l’extrême vigueur de ces « trésors culturels vivants » et de leurs performances actuelles. Nous ne devons pas non plus sous-estimer les nombreuses richesses de notre artisanat et bien encourager la sauvegarde de nombreux métiers mais il est déjà terrible de devoir parler de ce terme de « sauvegarde »! Faire connaître nos métiers, nos spécificités, notre unicité est un défi pour l’avenir, aussi bien pour susciter des vocations que pour faire vivre nos savoirs. Nous devons passer de l’idée politique à la notion de culture ce qui doit impliquer toute la société et faire évoluer la relation commerciale vers un respect beaucoup plus grand.

COMMENT PASSEZ-VOUS DE L’ARTISANAT AU PROCESSUS INDUSTRIEL ?

Très simplement : avec du temps ! Il faut juste considérer que le soin apporté à l’objet premier est nécessaire aux suivants.

Nous réalisons de nombreuses recherches, de prototypes, de numéro « zéro » et ce en particulier dans l’univers du packaging. Ces derniers sont destinés à être produit sur de très grandes quantités et nous pourrions très bien être un interlocuteur privilégié et très intéressant pour ces industriels mais cet échange est extrêmement rare ; la logique industrielle dans cet univers est soumis avant tout à une logique financière… qui a été dévastatrice en matière de qualité.

QU’EST QUI VOUS SÉPARE D’UN DESIGNER ?

L’esprit de la matérialisation, nous devons faire du rêve une réalité ! et certes être suffisamment créatif pour pouvoir « décoder » les volontés les plus folles mais quand la connaissance de nos savoir-faire devient si rare et quand l’idée nouvelle est absente, il nous faut devenir créateur pour bousculer les idées reçues, susciter l’envie, provoquer l’imagination explorer les champs infinis que nous offrent nos techniques de gaufrages, marquage à chaud et incrustation.

*Diplômé de l’Ensaama, Laurent Nogues fonde sa société Créanog en 1994, inscrivant son entreprise dans l’héritage spirituel des Créations Fournier, longtemps dirigées par son père. Il fonde, par la suite, un pôle de gestion de fabrication qui permet de proposer une offre beaucoup plus globale. Il va alors créer pour Frédéric Malle, Thierry Mugler, Cartier, Yves Saint Laurent – coffrets de Noël 2006, Cognacs Hennessy…

/images ©Marc-Antoine Mouterde /À l’instar des Trésors Nationaux Vivants du Japon, les Maîtres d’art sont porteurs de savoir-faire exceptionnels. La nomination en qualité de Maître d’art – créé en 1994 par le ministère de la Culture* – vise à soutenir le vaste champ des métiers d’art. Le titre a depuis été décerné à cent sept professionnels d’excellence. Porteur d’un talent, d’une expérience et d’une compétence rares, le Maître d’art s’engage à transmettre ses connaissances et son tour de main à un élève qualifié afin qu’il les perpétue. Cette nouvelle promotion met en lumière la riche collaboration entre Maîtres d’art, artistes et designers contemporains et souligne le rayonnement des pratiques artistiques dans des domaines aussi variés que l’imprimerie, les arts plastiques, le design, la céramique, la mode, le livre et l’édition.

*Depuis2010, le ministère de la Culture et de la Communication décerne ce titre tous les ans afin de valoriser un patrimoine immatériel d’exception et d’encourager sa transmission. Pour ce faire, le Maître d’art reçoit une allocation annuelle de l’État d’un montant de 16 000 euros, dans le but de proposer une formation de haut niveau pendant trois ans à un élève.

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