Michaël Woolworth®cooperativedesign

Le créateur donne le geste pour la matrice

Posted on 16 novembre 2011

La spécialité de Michaël Woolworth* se concentre sur les techniques d’impression sur des presses manuelles (lithographie sur pierre, bois gravé, monotype, linogravure, eau-forte) et sur une activité éditoriale, mettant son savoir-faire au service d’artistes contemporains, au travers d’expositions, pour défendre et diffuser l’art de l’estampe contemporaine : Marc Desgrandchamps, Jean-Michel Othoniel ou Djamel Tatah ont été présentés pour montrer leurs collaborations avec son atelier.

QU’EST CE QU’UN MAÎTRE ?

Quelqu’un qui a de vraies heures de vol dans son métier, qui est confortable dans les gestes et qui n’a pas peur d’affronter les embûches variées et diverses que l’on rencontre lors du procédé. Mon métier en particulier est basé sur une production sérielle, courte, certes. On doit réaliser plusieurs fois la même chose. Donc, une partie de mon savoir-faire est la préparation pour le sériel.

COMMENT VOUS INSÉREZ VOUS DANS UN PROCESSUS INDUSTRIEL ?

C’est très loin de mes préoccupations pour le produit final. L’utilisation et la collaboration avec des secteurs industriels sont, en revanche, très fréquents tantôt pour les matériaux de base que pour certaines étapes du procédé, mais cela s’arrête là. Il ne s’agit jamais de « grandir » pour aller vers une forme d’industrialisation. Jamais.

ALORS QU’EST CE QUI VOUS SÉPARE D’UN CRÉATEUR ?

Le créateur donne le geste, dans mon cas, pour la matrice. C’est tout. L’arrivée de ce geste et son issue final résultent entièrement de la connivence tant technique qu’artistique avec moi-même. Tout se passe dans le dialogue. Incessant. Les créateurs, dans leur majorité, avec lesquels je collabore n’ont pas de connaissance technique. Ce sont des artistes visuels, pas des imprimeurs. Ce sont des gens qui sont seuls face à leur travail dans leurs espaces respectives, quand ils viennent à moi ils dépendent à 100 % de notre dialogue.

*Michaël Woolworth débute aux côtés de Franck Bordas et collabore avec des artistes de renom, dont Jean Dubuffet, pour réaliser, outre une vingtaine de planches, ses Exercices lithographiques. L’expérience de ses collaborations avec Daniel Pommereulle, Jorge Camacho et bien d’autres artistes le conduit à de nouvelles pratiques comme le bois gravé, la linogravure, la gravure au carborundum et le monotype, grâce à la presse à gravure.

/images ©Marc-Antoine Mouterde /À l’instar des Trésors Nationaux Vivants du Japon, les Maîtres d’art sont porteurs de savoir-faire exceptionnels. La nomination en qualité de Maître d’art – créé en 1994 par le ministère de la Culture* – vise à soutenir le vaste champ des métiers d’art. Le titre a depuis été décerné à cent sept professionnels d’excellence. Porteur d’un talent, d’une expérience et d’une compétence rares, le Maître d’art s’engage à transmettre ses connaissances et son tour de main à un élève qualifié afin qu’il les perpétue. Cette nouvelle promotion met en lumière la riche collaboration entre Maîtres d’art, artistes et designers contemporains et souligne le rayonnement des pratiques artistiques dans des domaines aussi variés que l’imprimerie, les arts plastiques, le design, la céramique, la mode, le livre et l’édition.

*Depuis2010, le ministère de la Culture et de la Communication décerne ce titre tous les ans afin de valoriser un patrimoine immatériel d’exception et d’encourager sa transmission. Pour ce faire, le Maître d’art reçoit une allocation annuelle de l’État d’un montant de 16 000 euros, dans le but de proposer une formation de haut niveau pendant trois ans à un élève.

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