Street-Design ou Meuble libre?

Posted on 6 décembre 2011

Va t’on assister à l’émergence d’un Street-design comme on l’a vu faire dans la mode avec l’arrivée de l’oversize dans les ghettos noir américain ou le street-art avec les graffitis de Keith Haring ou Basquiat?

Dans une société en mutation, le luxe ne peut plus se résumer ni aux richesses naturelles largement exploitées : or, pierres précieuses, bois exotiques… Une génération de jeunes designers, influencés entre autres par le travail de Fréres Campana et de leur minimalisme baroque, s’affirment en développant des concepts qui correspondent aux critères occidentaux contemporains. En 2010, le CDM (Centre Design Marseille) avait amorcé ce regard avec une très belle exposition “O luxo do lixo : le luxe des poubelles“. “Dans la langue portugaise, la similitude des deux mots amène presque automatiquement à un questionnement sur ces valeurs, surtout dans une société urbaine brésilienne où une partie encore importante de la population vit dans les favelas, morceaux de ville entiers faits de matériaux récupérés et qui tendent aujourd’hui à se pérenniser avec l’aide des municipalités, comme une forme urbaine vernaculaire à part entière, plutôt que d’être remplacées par des constructions standard“, nous relate Jacqueline Régis (CDM).

Les effets de surprise et les détournements, l’aspect ludique ou graphique, la sophistication dans la simplicité, les questionnements sur l’écologie ou la société de consommation, sont omniprésents, on la retrouve ici dans cette exposition avec des réponses plus légeres à ces questions ultra-contemporaines.

Marcelo Joulia, fondateur de Naço Galerie, est tombé par hasard sur de curieux meubles, usagés et fait de bric et de broc, laissés aux bords des trottoirs de la ville mais cependant manifestement mis en scène. Jeremy Edwards était l’auteur de cette scénographie qui a séduit Marcelo Joulia. Une exposition généreuse a donc été mise en place sous le nom de Meuble Libre. “Meuble libre c’est l’histoire de meubles réalisés à partir d’autres meubles délaissés dans la rue, utilisés tels quels. La forme et la nature des objets créés immédiatement, spontanément sur place, sont déterminées par les matériaux disponibles sur le moment, l’endroit où je les ai trouvés et des outils sommaires à disposition. Une fois les objets créés, ils sont laissés libres, sur place, à disposition de tout un chacun.“ explique Jeremy Edwards.

L’originalité de cette exposition réside dans le fait que certains des meubles présentés seront remis dans la rue à la disposition de chacun, et d’autres seront donnés. Ce qui a fasciné Marcelo Joulia dans cette aventure c’est le principe d’un design accessible à tout le monde, qui se préoccupe plus de la relation à la création que du design dogmatique.

/Naço Galerie 38 rue de Citeaux 75010 Paris du 1er décembre au 30 janvier. Ouverture le mardi, jeudi et samedi.

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