Repousser ses propres limites

Posted on 19 janvier 2012

Depuis quelques années, le design repousse ses propres limites. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle manière de penser, à la frontière entre science-fiction et réalité. En illustration le travail de Carnovsky, basé sur les ondes de lumière, pour le comprendre cliquer sur ce lien).

Lorsque nous avons rencontré Glitch Fiction (Paris Design Week en septembre dernier), la série de projets inventifs, participatifs et spéculatifs, nous a d’abord interpellé: est-ce encore du design ? “C’est un design spéculatif, axé sur le design d’expérience, entre les personnes, les technologies et leurs environnements. Nous concevons des expériences explorant les étapes entre l’extraordinaire et l’hyper-normalité. Nous utilisons des propositions de design afin de sonder, questionner et enthousiasmer. Nous cherchons à révéler de nouvelles perspectives et possibilités offertes par les avancées technologiques tout en communiquant avec le public“*. Proposer un volcan en (future) éruption au centre de son séjour est-ce un travail de designer ? un travail de créateur ? un futur happening ? Nelly Ben Hayoun, porte-parole autoproclamée du collectif nous répondait “envisager l’action d’un projet et le programmer c’est du design“. Peut-être a-t-elle raison, nous ne pouvons être juge: l’aspect protéiforme du design est une de ses qualités. Mais après le design de dérision porté par l’école hollandaise et l’école belge, voici venu le “design fictionnel“, générateur de contes de fées où l’on fait l’expérience de la chaleur d’un volcan d’appartement ou d’une tempête de poissons. Ces mondes limites, fictifs, parallèles et tangents c’est ce que les « tendanceurs » présentent dans le parcours d’influence, trois lieux où se rencontrent rêves et cauchemars, mondes impossibles et hyperréalités pour explorer les conséquences de la science et des technologies émergentes. Ici, les projets utilisent le design à des fins spéculatives et critiques, pour nous permettre de débattre et d’envisager les bouleversements de notre vie quotidienne, présente, future ou imaginaire.

Les Parcours d’influences, présentés dans des cabinets de curiosités contemporains, ne se prennent pas trop au sérieux et ça fait un bien fou : l’imagination prend le pouvoir.

François Bernard dans Art’keting, nous propose des pièces uniques. L’inattendu s’invite alors dans un bric-à-brac élégant, ironique et luxueux. Ici tout est anachronismes, collision de matières et de couleurs… “La maison devient œuvre d’art et vous en êtes le créateur.“

Vincent Grégoire (NellyRodi) nous offre ses « Beautés monstres » dans une “grotte aux merveilles“. Ici l’excentricité est sous tension.Fidèle à lui-même il propose des délires loufoques d’une fantaisie déjantée, il chamboule un monde qui vacille entre dérangé et trop bien rangé. De nouveau, voici de curieux télescopages où juxtapositions, accumulations et détournements se confondent pour créer le saugrenu et le raffiné.

Élizabeth Leriche, plus sage nous propose ses “Folies douces“ et explore l’étrangeté des mondes imaginaires. Elle nous téléporte dans de troublantes réalités parallèles. Effets d’illusions, pertes de repères, surdimensionnements, monde sens dessus dessous, distorsions et autres sortilèges… tout se métamorphose et nous envoûte. La maison expérimente le prêt-à-rêver.

*Good one a été fondé en 2010. Andrew Friend, Sitraka Rakotoniaina et Gerard Rallo se sont rencontrés au Royal College of Art de Londres et viennent d’horizons différents : l’architecture, le graphisme/multimédia et l’informatique.

/Image 1 – 2 – 3 carnovsky® / vidéo Gnarls Barkley Crazy – téléchargé sur YouTube tous droits réservés

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