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Un défi structurel

Posted on 26 janvier 2012

Designnoma est fondée en 2009 par Benoît Dindinaud et Marc Younan. Architectes tous les deux, ils ont une idée forte : l’architecture ne se limite pas à la construction de bâtiment, toute intervention dans l’espace la constitue. Ce “quatre-mains complémentaire“, les conduit à produire une grammaire simple, rigoureuse, leurs créations se veulent flexibles et facilement intégrables.

COOPERATIVE DESIGN : LA CONCEPTION D’UNE CHAISE (D’UN GRAND PROJET) EST-ELLE TOUJOURS LE PASSAGE OBLIGE ?

Designnoma n’a pas de chaise aujourd’hui à son catalogue. Nous ne l’avons pas considéré comme un passage obligé ou une étape. On pense souvent “chaise“ pour le défi structurel ou la taille de l’objet, voire son rapport intime au corps. Nous pensons que c’est d’abord le rapport à l’espace qui fait la qualité d’un objet. Certaines chaises peuvent avoir un côté “déco“ alors que d’autres objets de taille plus modeste peuvent avoir un impact spatial plus important. Dans notre conception au quotidien nous nous posons des questions qui pourraient être celles qu’on se poserait en concevant une chaise.

CD : QU’EST-CE QUE LA MATURITE DANS VOTRE PRATIQUE ?

C’est, à notre avis, privilégier la recherche de la justesse et la pertinence plutôt que le démonstratif et l’ostentatoire. Les signes en seraient une forme d’humilité.

CD : LE DESIGN EST-IL UNE QUESTION D’ECHELLE ?

Non, le design n’est pas une question d’échelle de l’objet mais plutôt de son rapport à l’espace, dès lors on peut dire “de l’urbanisme à l’objet“. On peut presque même parler “d’un urbanisme d’objets“, dans la mesure où on travaille le parcours, les séquences et les scénarios. On parle souvent dans notre travail d’objets sentinelles, de repères qui ponctuent l’espace. Autant de jalons qui marquent un paysage, un territoire.

CD : QU’EST-CE QUI VOUS FAIT COURIR (AMBITION, VALEURS, RECONNAISSANCE) ?

Un peu les trois. L’ambition, pas d’ambition personnelle mais celle qu’on a pour Designnoma, de développer une ligne, une identité forte. Les valeurs, nous en avons tous. Les nôtres nous posent des cadres, des lignes à ne pas franchir ou des directions pour avancer. La reconnaissance bien sûr. D’abord parce qu’il y a une forme de séduction dans notre travail. Et puis d’avoir séduit c’est un peu aussi d’avoir convaincu dans notre approche du design.

CD : Y A-T-IL UN DESIGN UTOPISTE ?

Il n’y a pas d’objet utopiste, mais plutôt une utopie du rapport à l’objet. On pense qu’il existe une architecture ou un design visionnaire. C’est le rapport à l’objet, à sa fonction et son usage qui peuvent être utopistes. On pense par exemple en architecture au familistère et à Fourrier.

CD : VOUS INSCRIVEZ-VOUS DANS UN RESEAU ? DANS UN ECOSYSTEME ?

Nous pratiquons un design à quatre mains. Le regroupement aujourd’hui nous semble incontournable. Rebondir sur l’autre, mettre ses idées et ses doutes à l’épreuve. Le contexte devient de plus en plus complexe aussi bien du point de vue des pratiques sociales que sur le plan de l’offre technique et des matériaux, alors oui, être à plusieurs c’est un moteur et une accumulation de compétences, et cela doit se faire dans un climat de confiance et avec une forme de complicité.

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