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la place grandissante du design dans le discours des politiques

Posted on 3 février 2012

En juin 2010, nous avons inauguré notre site en proposant à tous une base de réflexion sur les enjeux du design et sur la place grandissante du discours des politiques. Outil d’innovation , surtout dans un contexte de crise, Jean-Louis Frechin (Nodesign) disait déjà “le design relève d’une économie politique, mais nous n’avons pas de programme national de design“.

A-t-il été entendu ?

Le design, enjeu territorial ? “L’’année 2011 aura été l’année où la Région Ile-de-France, après avoir crée le Lieu du Design en 2009, a fait du design un enjeu stratégique. Elle a décidé que ce secteur essentiel d’attractivité économique devrait désormais irriguer l’ensemble des filières qu’elle accompagne et pénétrer progressivement les politiques publiques qu’elle met en œuvre. 2012 sera l’année de la mise en place de Paris Région Entreprise, plateforme d’ingénierie publique régionale… qui facilitera la maturation des projets d’innovation.“ Par ces vœux Laurent Dutheil, Directeur général du Lieu du Design remet son action en perspective. “Nos missions semblent aujourd’hui faire des émules et nous nous en réjouissons“.

Alors, le design enjeu politique ? “Nos entreprises ont tout à gagner à intégrer le design dans leurs stratégies. L’enjeu, c’est de la croissance, des exportations et des marges supplémentaires pour nos marques, et, notamment pour la première d’entre elles, le fabriqué en France. Le design n’est pas seulement un acte de création, c’est aussi un facteur puissant d’innovation, et à partir de là, un facteur de compétitivité“, par cette phrase Eric Besson* annonce le lancement d’un plan d’action en faveur du design et la création d’un Centre National du Design. L’objectif : renforcer l’utilisation du design dans les entreprises et d’améliorer sa visibilité dans l’économie comme facteur d’innovation et de compétitivité.

Trois axes : 1 – la création d’un Centre National du Design, pour susciter des politiques en faveur du design exemplaire et un instrument de promotion du design français. Il aura pour missions : d’affirmer le rôle stratégique du design dans l’économie, d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises grâce à l’apport du design dans leur stratégie et de permettre aux métiers du design de se développer*. 2 – l’intégration du design dans l’écosystème des pôles de compétitivité, en appuie sur les structures régionales de promotion du design. Une expérience sera lancée en 2012 sur quelques régions volontaires. 3 – l’élaboration d’un référentiel des métiers du design. Cela répond à une demande des professionnels, manifestée à l’occasion des tables rondes menées conjointement avec le ministère de la culture et de la communication avec une mise en oeuvre effective à la fin de l’année 2012.

Y a t’il instrumentalisation ?

Lorsque l’on pose la question à Laurent Dutheil la réponse est directe : « On ne peut évidemment pas l’exclure. La profession aura noté que l’annonce ministérielle intervient en toute fin de mandat gouvernemental et à cent jours de l’élection présidentielle. Vous remarquerez que cette initiative ministérielle n’a fait l’objet d’aucune consultation préalable des structures de design existantes, que ce soit la Cité du Design de Saint-Etienne, le VIA, l’Institut Français du Design, le Lieu du design… Je note que le discours des pouvoirs publics, comme celui de l’APCI sont remarquablement proches des propos que nous tenons avec d’autres et des actions que nous menons depuis notre création, en octobre 2009. Il serait extrêmement dommageable que la création d’un Centre national du Design, dont nous avons tous à nous réjouir, soit accompagné de considérations politiciennes et d’un manque d’esprit fédératif. Gageons que les mois à venir permettront d’éclaircir le sujet“.

Le design, enjeu d’image ? “Il ne faut pas faire du design une nouvelle utopie sur fond de militantisme. En quoi le design serait-il plus légitime aujourd’hui à résoudre les problèmes? Car c’est accorder beaucoup de pouvoir à une discipline qui se cherche et qui est incapable de s’auto évaluer“. nous rappelle Frédéric Ruyant. C’est la raison pour laquelle le design est actuellement si séduisant pour toutes sortes d’instrumentalisation le concernant. Succès bâti sur de la communication, il ne faudrait pas le cantonner à n’exister que par le paraître. Le danger, lourd de conséquence, est que le design soit victime des appels ou des assauts de politiques politiciennes. Vigilance et modestie, “que le design dise d’abord ce qu’il est, ce qu’il souhaite être“, allons Messieurs les politiques laissez nous le temps d’acquérir une maturité ! Une maturité en devenir pour Anne Marie Sargueil: “la promotion du design doit comprendre les enjeux des 3 protagonistes : la Personne, l’Entreprise et la Cité. L’entreprise qui investit, défend l’emploi et innove avec pertinence. La cité parce que l’on se doit de respecter l’environnement et les non-clients. Pour elle il faut savoir relativiser les initiatives privée, publique ou entreprenariale…

*“Ce plan s’inscrit dans le prolongement des actions engagées par le Ministère depuis 2008 qui visent également à assurer l’excellence de l’offre de formation au design, à développer une offre de design qui répond aux attentes des entreprise, en particulier des PME, à promouvoir le design français à l’international et, grâce à lui, à valoriser les productions françaises“ – Eric Besson. Depuis 2008, le Ministère de l’Industrie déclare avoir consacré plus de 10 millions d’euros à la politique de soutien au design. Le Ministère apportera un financement de 1 million d’euros pour le lancement de ce projet, géré par l’APCI. Le lundi 9 janvier la 9ème conférence européenne sur les enjeux du design, organisée par l’Agence pour la promotion de la création industrielle (APCI).

/illustration de l’article –  Geoffrey Dorne - illustration de la nl’s- Jacques Villeglé – La guérilla des écritures – 1985.

 

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