Marque de fabrique

Posted on 6 août 2012

regard®cooperativedesign5Etre tatoué est-ce simplement un phénomène de mode ou précisément le contraire de la mode?

Depuis le retour des expéditions dans les mers du Sud au dix huitième siècle, les tatouages ont suscités à la fois admiration et dégoût. Alors qu’est-ce qui incite les citadins du vingtième unième siècle européen de se faire tatouer? l’auto-amélioration, acquise dans la douleur? la symbolique des images ou des textes ? l’adhésion à une communauté ? l’érotisme? favoriser la culture de protestation ? Les tatouages ont depuis longtemps cessé d’être des symboles de distinction sociale, d’identification des déclassés, un moyen de stigmatiser, utilisés par les marins, les criminels, les prostituées ou les rockers. Aujourd’hui que l’on soit artistes, employés, cadres, musiciens, graphistes ou d’écrivains, les tatouages célèbrent la créativité artistique comme un indicateur de l’individualité et du défi. Avec eux on exprime souhaits, rêves, sens ludique, plaisir, excès de stimuli sensoriels… de cette façon, le tatouage devient une garantie à l’autodétermination – et une marque de fabrique.

Osons un pas : « rien pour nous, sans nous ! »
Tatoués ou handicapés, “non-discrimination, compensation, désinstitutionnalisation, mainstreaming, participation sociale et inclusion“ constituent le nouveau glossaire européen de l’action positive en faveur des personnes en situation de handicap. Se profile ainsi le nouveau défi de la décennie : infléchir un dispositif historique basé sur un développement séparé pour l’orienter vers l’inclusion. C’est une approche radicalement différente de la question du handicap. Ce virage s’effectue sous l’influence conjuguée de plusieurs facteurs : l’harmonisation européenne, les mouvements d’usagers et les revendications des associations représentatives, l’évolution des réflexions éthiques, mais aussi notre façon de voir.
Depuis la reconnaissance de l’infirmité, à une meilleure identification du handicap (moteur, sensoriel, mental), puis à l’attribution d’un statut social, un siècle* s’est écoulé régit par une régulière avancée en faveur d’une inscription concrète dans la cité pour les personnes désignées comme handicapées. Dorénavant les personnes concernées ne veulent plus être considérées comme des citoyens de seconde zone ; elles ne veulent plus être appréhendées comme des personnes handicapées – label qui dénature – elles veulent participer aux textes et déclarations qui décident de leur sort.

*Cette longue marche a d’abord été tributaire du dispositif français issu d’une vision orthopédique du handicap, qui participa à enfermer le handicap dans une approche technicienne ; ensuite, celui d’un internement, qui entraîna le fameux développement séparé /Go Beyond the cover – vidéo virale faite par l’Oreal avec Rico Genest (Zombie Man)

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