Copie ou original #2

Posted on 6 novembre 2012

Le mobilier vintage est sujet à la spéculation des collectionneurs. Alors pour ceux qui sont intéressés par une chaise, une table ou un meuble, mais qui ne sont pas prêts à investir des sommes importantes, les rééditions fournissent une bonne alternative, rendant les classiques accessibles à un large public.

La décision de produire une réédition est généralement précédée par un long processus au cours duquel un certain nombre de questions sont clarifiées : pertinence : compatibilité avec un intérieur contemporain ? licences : le concepteur est-il encore en vie ou y a-t-il des héritiers ou une fondation ? Les modèles sont ils encore disponibles ? pourquoi la production a-t-elle été arrêtée ?

La réédition de « Nuage » est presqu’un cas d’école. Conçue conjointement par Charlotte Perriand et Jean Prouvé dans les années cinquante et vendue à l’origine par Steph Simon jusqu’en 1970 : les ventes baissant, l’édition a été stoppée. Dans les années quatre-vingt, Jean Prouvé disparu, l’attribution de paternité a changé, car à l’époque, les dessins de Prouvé avaient une plus grande valeur pour les collectionneurs que ceux de Charlotte Perriand. Jusqu’à ce que finalement une bataille juridique s’en suive impliquant plusieurs juridictions, qui ont finalement tranché en faveur Charlotte Perriand. Cassina a donc pu procéder à la réédition de Nuage en coopération avec la fille du créateur, Pernette Perriand-Barsac. C’est sans doute l’une réédition que les amateurs de design ont longtemps attendue : en juin 2012, une bibliothèque Nuage a changé de mains aux enchères pour la somme de 152 000 euros.

Aujourd’hui, Cassina a publié Nuage, Berger et Méribel de Charlotte Perriand et une collection de meubles de Pierre Paulin ; Molteni des objets de décoration intérieure créés par Gio Ponti entre 1935 et 1957 ; Vitra en collaboration avec G-Star travaille sur l’augmentation du nombre des rééditions des modèles de Jean Prouvé… la liste est longue. Les résultats pas toujours fameux et l’intégrité de l’intention initiale pas toujours respectée, le seul juge étant l’accueil du public et du marché. Car si la licence est impliquée dans le processus global, tout est plus simple. Dans le cas contraire c’est du « grand n’importe quoi » : depuis l’édition des meubles Bauhaus de Marcel Breuer, par Dino Gavina datant de 1962, il est impossible d’estimer le nombre de rééditions, avec des qualités souvent médiocres et sans que les questions de droits d’auteurs se soient clarifiées, ni les options techniques.

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