Design au bureau #3

Posted on 14 novembre 2012

L’histoire du bureau et son design (mobilier service) n’a pas encore été écrite. Étrange alors que dans les pays industrialisés, deux tiers des salariés passent leur vie de travail dans les bureaux du secteur tertiaire. Pourquoi ce manque d’intérêt, est parce que la plupart des gens n’aime pas leur poste de travail ? ou que la conception de mobilier de bureau met les fonctionnalités en avant et les aspects émotionnels au second plan? ou encore que seuls les produits innovants ont un impact sur le marché du mobilier de bureau?

Il est vrai que souvent la réalité du mobilier de bureau semble de l’âge de pierre en termes de rigidité et de la modularité et ce malgré des efforts de conception remarquables. Cela semble surtout confirmer que dans le domaine du mobilier de bureau, il y a des icônes, des classiques qui sont plus importants que dans le marché des meubles résidentiels. La question de la réédition joue ici un rôle marginal. Certes, il y a quelques éléments célèbres de mobilier de bureau qui ont une place importante dans l’histoire du design – le bureau de Marcel Breuer en acier tubulaire bureau “B65“ de 1930 – mais ces modèles ont-ils encore une pertinence fonctionnelle autre qu’historique ?

Le “mobilier service“ (mobilier de bureau) – hors de celui qui remplit une fonction de représentation – a rarement été traité par les concepteurs importants – même si le travail de pionnier a été fait par Otto Wagner avec la Postsparkassenamt de Vienne en 1906 et Frank Llyod Wright avec son “Larkin Building“ à Buffalo, la même année et le “Johnson Wax Building“ de Racine en 1939. Tous deux ont été moins concernés par le développement de concepts nouveaux, que par le désir de concevoir un immeuble comme une œuvre d’art totale. Cela peut s’expliquer par leur dépendance aux développements technologiques. Le “bureau machine à écrire“ en est un exemple remarquable. Beaucoup plus petit que les bureaux à pans inclinés, des années 1900, ce nouveau type de support apparaît lorsque la machine à écrire devient l’élément le plus important de l’équipement de bureau. Il a disparu dans les années 1980, lorsque le PC a remplacé la machine à écrire.

George Nelson a été le premier à reconnaître l’importance et le potentiel du marché, il était à l’époque chef du design chez Herman Miller. En 1947, dans le cadre de Miller “Groupe Bureau exécutif“, il a inventé le premier poste de travail et dans les années 1960 avec Robert Probst, il a développé le “Bureau action 1“ (action office one desk), un programme révolutionnaire – l’idée d’une part était de tenir compte des besoins physiques et psychologiques des employés, et d’autre part, de rationaliser les flux de travail, pour un nombre croissant d’employés de bureau – le célèbre et toujours peu aimé open space. Un système qui évoluera vers les bureaux paysagers – Quickborner – avec des conséquences importantes. Le but étant de concevoir l’organisation spatiale en liaison avec les besoins de communication interne. C’était une idée convaincante qui va rapidement se propager dans le monde entier. Le système d’ameublement modulaire qui en est issu est la référence des années 1980.

Depuis nous assistons à un jeu de remplacement par d’autres fabricants qui se démarquent esthétiquement ou techniquement, mais l’idée fondamentale reste toujours la même.

/image 1 – de gauche à droite Robert Probst, Alexander Girard, George Nelson, DJ De Pree, Charles et Ray Eames /image 2 – bureau B65 – Marcel Breuer / image 3 – Johnson Wax Building – Frank Llyod Wright /image4 Joyn Ronan and Erwan Bouroullec, 2002 Vitra©

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