Open design

Posted on 20 novembre 2012

“Les éditeurs et les fabricants ont agi comme des gardiens du droit d’auteur, jusqu’à déterminer ce que nous devions fabriquer, voir et avoir“, dit Andrew Katz*, “tournée vers le consommateur, cette censure fait de la créativité un phénomène marginal, mais avec le Web 2.0, nous sommes dans une phase de reconquête collective“.  C’est une affirmation ambiguë et un mouvement complexe, car les créatifs ont besoin d’être protégés par le droit d’auteur, mais la propriété intellectuelle ne doit pas être un aveuglement** !

Peut-être est-ce une question d’âge : l’Open Source est propagé et vécu par de jeunes “analphabètes du Web“ dans tous les domaines, de la musique aux photos en passant par la conception de meubles. L’Open Design va révolutionner le monde du design et peut être s’opposer aux redevances (droits) perçues par le concepteur. C’est précisément parce qu’il n’est pas toujours facile de faire de l’argent dans le système conventionnel, que certains se tournent vers le Web 2.0 qui offre des moyens de production numérique et modifie le processus de vente en faveur des petits producteurs. Ce n’est pas nouveau, durant la Grande Dépression, en 1932, le Néerlandais Gerrit Rietveld a offert un ensemble bricolage appelé “caisse“ avec une brochure d’accompagnement. En 1974, l’Italien Enzo Mari a sorti la série de meubles “Autoprogettazione“. Pourtant, il y a deux différences entre ces deux pionniers solitaires et la tendance d’aujourd’hui : la communication simplifiée via les réseaux Web et l’accessibilité générale des techniques de production contrôlées par l’ordinateur (une imprimante 3D coûte moins de 1 000 dollars) ou via une plate-forme en ligne (“Thingiverse.com“). Le mouvement s’institutionnalise. Lors des diplômes 2011 de la Design Academy Eindhoven il y a eu un projet qui a ouvertement joué avec les idées des autres sans manquer de créativité. Bas Geelen a appelé sa série d’objets “free idéas“ : il a réinterprété l’idée de la Thonet 14, Arco Castiglioni luminaire, Salif Juicy Philippe Starck et Rouge et Bleu chair de Gerrit Rietveld. Droog Design l’a prouvé en 2011 au salon du meuble de Milan. “Design for Download“ est une série de meubles et d’autres objets conçus de telle sorte que l’utilisateur final puisse facilement les adapter à ses besoins personnels.

Reste à voir dans quelle mesure une idée peut être récupérée et utilisée. Mais déjà, les Régions et le Ministère de l’enseignement supérieur supportent l’installation de FabLab partout en France. “L’Open Design ne va pas se généraliser grâce aux imprimantes 3D – affirme Avinash Rajagopal – mais parce que les gens changent d’attitude et sont prêts à échanger des idées.“

*Open Design Now – Bas van Abel, Lucas Evers, Roll Klaassen et Peter Troxler – Bis Publishers, Amsterdam, 2011 **Creative Commons est une organisation sans but lucratif qui a émis des normes. Via l’utilisation de ces licences standard, un auteur peut préserver l’usufruit de son travail ou encore placer leurs travaux sous la licence, dans le but d’une utilisation non commerciale. La condition la plus importante, base pour la conception ouverte, est la volonté essentielle de partager des idées avec d’autres.

articles en lien

ibookligne_vierge

zone2