Ne pas hésiter pas à sampler des formes issues du passé

Posted on 8 février 2013

Lorsque l’on pose la question à Benoît Convers sur son objet fétiche, sa réponse fuse “celui que l’on se dispute lors d’un héritage“.

L’ensemble de son travail s’articule autour des liens qui se tissent entre une personne et “ses“ objets. Ibride, sous sa direction créatrice, creuse un sillon unique, « hors tendances“.

Q – POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE VOTRE PROJET ?
Nous n’hésitons pas à “sampler“ des formes issues du passé pour les transplanter dans une contemporanéité particulière. Dans d’autres collections nous avions exploré les secrets partagés entre quelqu’un et “son“ meuble, les fonctions cachées… Aujourd’hui c’est par le regard que nous activons cette complicité. Il s’agit d’une série de fauteuils visuellement complexes, dont les sinuosités spatiales, les calligraphies de hêtre noir semblent receler un mystère, un sens caché. Anamorphoses, elles s’ordonnent visuellement en un seul point, en une silhouette surgie de notre mémoire. Clin d’œil fugitif, comme par ironie, les trois silhouettes cachées dans ces assises nous rappellent des icônes fondatrices des principes modernes : l’ascèse religieuse des shakers, la simplicité philosophique du zen chinois, ou les intuitions modernistes d’Otto Wagner !

Q – IBRIDE ?
Ibride est en marge de l’exercice habituel du design de mobilier – la totalité de la production est conçue en interne – avec l’ambition de construire une histoire, dans laquelle chaque objet ou meuble intervient comme un personnage : « chaque projet m’ouvre la porte de nouveaux ateliers, me permet de rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles compétences. Mon rôle consiste à demander l’impossible, à contrarier les habitudes pour détourner les outils de production. Car un objet est un bon objet quand il satisfait non seulement la personne qui le possède, mais aussi tous ceux qui ont partagé son existence : ceux qui l’ont conçu, qui le fabriquent, ceux qui l’emballent, l’expédient, le vendent. Mener un projet à bien, c’est convaincre tous les intervenants, fédérer les énergies, exiger l’excellence de chacun – c’est la raison pour laquelle nous avons créé un réseau serré de compétences multiples, dans un périmètre proche de l’atelier.

Notre satisfaction est de “construire local“, tout en suscitant les émotions, l’enthousiasme des plus belles galeries et showroom de lointaines mégapoles – nos plus beaux points de vente sont à Singapour, Beijing, Tokyo, Mexico ou São Paulo – est une réelle satisfaction personnelle.

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