Radical – le design est italien #1

Posted on 5 avril 2013

La question du design en Italie s’inscrit dans les mentalités collectives, elle se fait connaître par les 3 triennales de Milan, 1951, 1954, 1957.

Dans, le design des années cinquante en Italie, les maîtres mots étaient la recherche de la beauté et de la fonctionnalité. Pour soutenir leurs actions, Achille et Pier Giacomo Castiglioni, Marco Zanuso, Ettore Sottsass et Vito Magistretti créent une alliance entre design et industrie, illustrée par l’exemple de Marco Zanuso, qui conçoit un meuble avec de la mousse synthétique Gommapiuma, sous l’incitation du fabricant de pneu Pirelli. Ce siège Lady devient le symbole du design des années cinquante. De même, Gio Ponti en duo avec l’entrepreneur Cesare Cassina et impose durablement la Supperleggera.

À la fin des années cinquante, un groupe (Gae Aulenti, Roberto Gabetti, Aimaro Isola, Aldo Rossi – équivalent italien du Jugentstil) se détache et critique sur un mode très ironique le conformisme croissant des aînés. Lorsque vient la crise italienne de 1963, où le pays lutte contre l’inflation, le chômage et les troubles sociaux, on remet en question le design, pas seulement sur la question du style unique, mais dans sa fonction et son apport à la société : il n’aurait pas tenu ses objectifs sociaux. Ces deux courants contraires s’affichent dans l’exposition de New York en 1972 au Museum of Art “Italy : the New Domestic Landscape“, dédié au design italien du moment.

Début des années soixante-dix, lorsque les facultés d’architecture se révoltent, des groupes se forment, donnant naissance à des mouvements de Radical Design, comme Archizoom, Superstudio, UFO et 9999. Ils conçoivent des objets utopiques, des manifestes et des expositions, avec le soutien de designers établis comme Ettore Sottsass ou critique Ugo de la Pietra ou plasticien Gaetano Pesce. Ils prônent une transformation de la société par le design et l’architecture, ils sont influencés par les mouvements artistiques du moment tel que le Pop Art, l’Arte Povera ou le Concept Art. Andrea Branzi, Massimo Morozzi en sont les principaux acteurs.

On trouve alors deux tendances dans le design : celle de la production industrielle classique et celle du contre-projet utopique. Les industriels cependant, continuent à travailler avec les designers et intègrent dans leur production des designers des mouvements de radical design. Finalement, les utopistes se heurtent à leurs propres limites et leur goût insistant de la théorie s’épuise au milieu années 1970. Le mouvement accouche d’une deuxième vague de design extrémiste, partant du bureau d’études Alchimia à Milan. Alessandro Mendini en est l’initiateur avec, autour de lui, Michele De Lucchi, Ettore Sottsass (encore). Ils manient de façon anticonventionnelle différents langages du design, du pluralisme culturel et du design ironique.

Début des années quatre-vingt, Alchima se fond dans le groupe Memphis, qui ira encore plus loin dans les critiques des objets beaux et fonctionnels. Les designers tels que Sotttsass (toujours), Michele de Lucchi, Andrea Branzi et Matteo Thum proposent des objets délibérément non destinés à la production. Au tournant 1980-1990, le culte de l’objet spectaculaire perd de son ampleur. Le groupe Zeus fondé en 1984, s’oppose au mouvement Memphis et propose des objets se voulant plus modestes.

Lors de ces phases radicales, les différents mouvements dénoncent – 1/la présence d’un style unique 2/l’industrialisation des produits liés aux cycles de production et de consommation des sociétés capitalistes 3/le fonctionnalisme – et soulèvent la question de la beauté, du bon goût et de la fonctionnalité d’un objet.

/Images  1//images 1 – fauteuil Lady – 1951 – Marco Zanuso   2/ “Italy: The New Domestic Landscape“ archives MOMA 3/Ollo collection – Studio Alchimia – Consorzio Esposizione Mobili – Italy, 1978

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