Vers des volumes toujours plus importants

Posted on 6 mai 2013

Marcel Breuer est un des designers les plus importants et les plus influents du XXe siècle : On lui doit l’invention du meuble en tube métallique. “On entend certains objecter que les meubles en acier sont froids et qu’ils rappellent les hôpitaux ou le matériel chirurgical. Ces idées passeront à la trappe du jour au lendemain – elles sont le produit d’habitudes – et seront annihilées par une autre habitude“. Marcel Breuer en 1927Il a eu “l’intention […] d’emprunter une voie qui mènerait vers des volumes toujours plus importants. Raison pour laquelle (il s’est) tout d’abord concentré sur des éléments plus petits comme des chaises et d’autres meubles (il est) ensuite passé des meubles aux habitations privées“. Il a exercé une influence déterminante sur la culture de l’habitat du XXe siècle du mobilier aux aménagements intérieurs.

Dans les années vingt Breuer est directeur de l’atelier de meubles du Bauhaus, mais passons sur cette “période bois massif“ pour nous comprendre son intérêt pour l’acier tubulaire. Pour lui le tube d’acier s’adapte à l’idéal fonctionnel et esthétique du design des années 1920 : il permet la production en série, la standardisation, le fonctionnalisme et l’hygiène. Du fauteuil B3 Wassily et la chaise B9, créés en 1925 pour meubler le Bauhaus de Dessau jusqu’à la chaise Cesca (ou cantilever), toutes ses créations sont constituées d’un unique tube chromé plié en porte-à-faux avec assise et dossier (en bois canné, toile ou cuir).

Ce principe de porte à faux (cantilever) aux débuts des années trente, il l’applique à d’autres matériaux. L’élasticité et la souplesse des chaises en acier tubulaire sont maintenues en doublant les pieds d’un nouveau modèle en aluminium.

En 1932, il fait breveter ce principe structurel appelé “base pour sièges résilients“. Mais contrairement aux attentes de Breuer, le mobilier en aluminium est un échec commercial, la production est arrêtée bien avant la Seconde Guerre mondiale.

En 1935, il s’installe en Angleterre et commence à travailler les lamelles en bois cintré. Il dessine une série de meubles pour la manufacture Isokon, spécialisée dans les produits en contreplaqué à l’esthétique moderne. Son travail sur le bois cintré, l’amènera au lamellé-collé dont il fera usage dans son expression architecturale, mais c’est une autre histoire. Car de découvertes en découvertes, de rencontres en rencontres, il croise le chemin de Pier Luigi Nervi (avec qui il collabore sur le projet de l’Unesco dans les années 1950). Ce dernier lui fait découvrir le béton armé, matériau de construction qui offre des possibilités de conception encore inexplorées. Cela stimule la créativité de Breuer, mais l’amène à progressivement puis définitivement abandonner le mobilier.

Dès lors, seul subsiste le porte à faux qui est l’élément clé du vocabulaire créatif de Breuer et peut être compris comme la passerelle entre ses différentes créations et sa signature.

/Marcel Breuer (1902-1981) – Design & architecture 20 février – 17 juillet 2013 – Cité de l’architecture & du patrimoine – palais de Chaillot – 1 place du trocadéro – paris 16e /images – /1 – Fauteuil B3, structure d’acier tubulaire, édité par Standard Möbel, 1927, Collection Vitra Design Museum © Photo Thomas.Dix – Archives du Vitra Design Museum Weil am Rhein /2 – Portrait de Marcel Breuer, été 1975 © Archives du Bauhaus, Berlin

 

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