Se concentrer sur les idées et de nourrir ses connaissances

Posted on 20 juin 2013

Nicolas Chomette-Bender* s’interroge sur l’avenir de notre métier et sur les défis auxquels nous sommes confrontés (fragmentation des cibles, nouveaux arbitrages consommateurs, montée en puissance du digital, nécessité de penser multi-canal, etc.).

“Je pense que peu d’agences de design ont pris conscience de la nécessité de repenser nos offres, de ne plus agir de manière corporatiste, de cesser de justifier notre valeur. Il faut retrouver de la fraîcheur créative“.

QUEL EST LE RÔLE DU DESIGN AUJOURD’HUI ?
On ne peut pas dire que le rôle du design ait changé : il est et a toujours été d’incarner des idées. Qu’il s’applique à une chaise, un centre commercial ou une bouteille d’eau minérale, le design est l’expression de l’idée que nous nous en faisons (respectivement : du confort, du commerce et de la pureté). Alors, bien sûr, il est à mon sens d’abord “politique“ – le Bauhaus ne l’était-il pas ? Mais faut-il pour autant lui nier sa fonction de “communication“ ? Dès lors qu’un design est porteur d’une idée et qu’il l’exprime, il me paraît assez logique de dire qu’il est « communicant », non ?

INDUSTRIE, POLITIQUE ET DESIGN FONT BON MÉNAGE ?
Là où ça se gâte, c’est lorsque les acteurs de ce marché, soucieux d’émerger dans un environnement de plus en plus encombré, veulent lui faire jouer des rôles qui en brouillent la perception. Même s’il est incontestable que le design est “au Cœur“ des enjeux de l’entreprise, est-ce notre rôle de promouvoir un label France ? d’estimer la valeur financière des marques ? ou de rappeler (même si c’est assez contestable) que “business is beautiful“ ? Je crains que cette débauche d’études, de communiqués de presse et d’interviews en tous genres ne nous aient en effet un peu éloignés de ce pour quoi nos clients viennent nous chercher : notre capacité à incarner une IDÉE sous forme de produits, d’offres ou de stratégies. créatifs performants, originaux et séduisants.

DESIGNERS INDÉPENDANTS ET AGENCES DE DESIGN QUELLES DIFFÉRENCES ?
C’est pour cela que je crois les designers indépendants plus libres et donc plus “purs“ que ces structures qui cherchent par tous les moyens à valoriser leur offre – au risque de la perdre, finalement. Est-ce un hasard si les entreprises font aujourd’hui plus souvent appel à ces vedettes ? Même si – mais serait-ce parce que – leur culture marketing est plus “légère“ que la nôtre ? (ce qu’ils compensent d’ailleurs par une culture artistique souvent beaucoup plus « solide »).

UN CONSEIL ?
Pour finir je dirais donc aux plus jeunes de se cultiver, de se concentrer sur les idées et de nourrir leurs connaissances des nouvelles technologies, des nouveaux matériaux… pour mieux servir et développer concrètement ces idées. Après des années passées à parler de “design thinking“, n’en avons-nous pas un peu oublié le “design doing“ ?

*Direction Générale de Team Créatif, Directeur Général d’Interbrand Paris et de Blackandgold, a occupé divers postes exécutifs chez Landor, Carré Noir et Dragon Rouge.

articles en lien

ibookligne_vierge

zone2