User du passé pour entrer dans le futur

Posted on 17 juin 2013

“C’est idiot non ? Quand une fusée explose, tout le monde veut voler…“ Prince

Albert Robida et Jules Verne ont créé des visions fantastiques pour l’avenir dès le XIXe siècle, s’amusant des impulsions technologiques de l’époque : visiophones, voitures volantes, capsules méga-métropoles, robots… tout fonctionnait sur simple pression d’un bouton.

À la fin du XIXe siècle, en phase avec les évolutions technologiques et industrielles, il y a eu une formulation de concepts architecturaux qui illustre le progrès technologique, pour les rendre accessibles, compréhensibles et physiquement tangibles – les Halles Baltard et la Tour Eiffel en sont deux exemples. Détestées par certains, devenus mythiques, car disparues pour l’une et symbole des merveilles technologiques de l’époque pour l’autre.

Hardis pionniers Archigram et Buckminster Fuller ont puisé dans la science-fiction et imaginé un avenir ayant des ressources illimitées : dans les années 1960, les voyages vers la lune sont devenus réalités, les ordinateurs inventés. Au “Space Age“ tout semblait possible ! Dès lors la nouvelle limite fut l’an “2000“ et 2000 a été accolé à toutes les marques – c’était une grande promesse. La décennie fut éprise de technologie et d’architecture high-tech. Tout cela a conduit à une vie rêvée comme un décor de théâtre. L’exemple le plus connu est le Centre Pompidou et le re-développement des “Halles“. Le contraste avec leur environnement historique reste stupéfiant et constitue une rupture radicale avec toutes les conventions architecturales en cours. Tuyaux, ventilation, escaliers, poutres en acier : la fonction devient façade, c’est une déclaration, un choc ultramoderne. Ces visions de l’avenir, imprégnées de la culture “Star Wars“ (1977) s’arrêtent brusquement avec l’explosion de la navette Challenger en 1986. Prince compose le chant du cygne de cette période dans “Sign ‘O’ The Times“ (1987).

 

Et maintenant ? Décevant, passionnant, émouvant et excitant en même temps, treize ans après ce jour légendaire (1/01/2000), le désenchantement est présent : les développements technologiques dominants de notre époque sont immatériels. Même si nous sommes en réseau, nos comportements sont de plus en plus isolés. Notre époque ne regarde plus avec envie vers l’avenir et avec optimisme les étoiles, mais se concentre sur les échecs et les omissions commises par le présent… 1986-2012, une génération plus tard, ces odes à l’avenir semblent à des années-lumière – la Tour Kisho Kurokawa Capsule a failli être démolie. Les Halles le sont, sans qu’aucune opposition architecturale n’ait été formulée !

*En 1985, Richard Rogers a construit la Hong Kong & Shanghai Bank (HSBC), suivie en 1986 par le siège de la Lloyds à Londres. Le style hightech a maintenu sa présence dans le monde de l’architecture pendant près de 15 ans, comme l’Art nouveau, mais il n’a jamais réussi à convaincre tout le monde. Il est resté limité à quelques bâtiments remarquables, en Europe et en Asie / image 1 Nakagin Capsule Tower by Kisho Kurokawa – plan 1image 1

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