Dépasser les dimensions techniques

Posted on 11 février 2014

merveilleux®cooperativedesign

L’usager, tenu le plus souvent à l’écart des mécanismes de production, est réduit à l’état de spectateur crédule. C’est alors à une certaine forme d’opacité mêlée de surprise auquel le mot merveilleux peut renvoyer“ *Le merveilleux ne va pas de soi en design. Cette notion n’appartient pas au champ du design, ni dans son histoire ni dans sa théorie. Merveilleux fait écho à différents projets et réalisations : Cinderella de Jeroen Verhoven ou Once upon a dream de Mathieu Lehanneur. Ce sont les modes de conception et de fabrication assistées par ordinateur font apparaître de véritables prodiges, multipliant les artifices, résumé en un mot : “delight“, un terme qui délaisse le plaisir simple au profit du sublime, en multipliant les effets visuels et les sensations fortes.

Le merveilleux en design repose sur un rapport singulier à la technique.
Ici, le travail du designer consiste à construire les illusions, le numérique amplifie les phénomènes visuels en jouant de l’illusion. Il oriente positivement un projet, enrichi la qualité d’un dessin, mais en retour exige un engagement spécifique et une attitude critique à l’égard de la technique et des technologies (Ionna Vautrin, Patrick Jouin, Didier FaustinoBen Alun-Jones). Car, la créativité du designer se situe autant dans la forme qu’il conçoit que dans son cheminement créatif et sa capacité à contrarier la technique en détournant, quelques fois, les paramétrages et les préréglages d’usine, en débloquant ce qui a été verrouillé d’avance.
Assurément, le merveilleux fait désormais partie intégrante du travail créatif du designer. Il lui permet ainsi “d’élargir l’horizon des possibles et d’apporter une dimension poétique“ à son travail créatif.

*Sophie Fétro, Discours de soutenance de thèse, le 24 mai 2011  /Affinity Chair ®Ben Alun-Jones

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