Se fonder sur la richesse des projets

Posted on 1 mai 2014

Vincent Tordjman admire les démarches “qui inventent des espaces de liberté“, il cherche à appliquer au design les règles qui ont changé le monde de la musique (téléchargement libre et album à bas prix). “Sans être riche, j’aime continuer à exister entre une énergie underground qui nourrit ma créativité (mais pas ma famille) et des projets plus mainstream et commerciaux“. “Je n’aime pas trop les cocoricos, d’ailleurs à la maison on parle chinois, je ne crois pas en une excellence franco-française mais en la richesse des échanges qui fondent la richesse des projets“.

LE PROJET BOÎTE CONCEPT ?
Tout beau projet de design commence par une sorte de rêve. Le travail consiste à le matérialiser. La collaboration avec la Boîte Concept est à la fois inattendue et naturelle. Étant les uns et les autres au carrefour du design, de la technologie et de la musique, nos chemins devaient se croiser. En 2000 au Japon, lors d’une résidence à la villa Kujoyama, j’ai travaillé sur l’intégration de haut-parleurs ultra-plats dans du mobilier (Flatmusic, partenariat entre France Telecom R&D Japon et Amonet, société japonaise). Prospectif, ce travail est resté dans les cartons : le mp3 venait d’apparaître. Douze ans plus tard, j’ai ressorti ce projet et l’ai actualisé pour la Boîte Concept. Eux ont réussi à faire exister un mobilier audio qui intègre de nouveaux usages et de nouvelles idées. Avec leur électroacousticien, Yvon Maurelle – partenariat VIA – nous avons conçu le mobilier/enceinte Wide.

LE DESIGN AUJOURD’HUI ?
C’est un ensemble complexe, une sorte d’apprentissage permanent !
Du point de vue des industriels, le rôle du design consiste à vendre des produits dotés d’une plus-value culturelle. De notre côté subsiste l’idée de changer le monde, en changeant la manière de consommer et de produire. En même temps “tout est possible“, un bel objet n’a pas besoin d’explication. Pour François Azambourg : la chaise est “un standard pour un musicien de jazz, une grille d’accords connus, une base d’improvisation, d’harmonies et de dissonances nouvelles“.
Pour ma part, je vis à l’encontre des idées reçues : un bon projet est, pour moi, un travail collectif et non la trouvaille d’un génie solitaire. Le travail en équipe stimule l’intelligence, le partage renforce l’ambition ! De même c’est un cliché qu’il soit impossible de travailler avec ses amis, moi j’adore ça, y compris quand je suis en arrière-plan. Même si je sais que la communication des projets design privilégie les signatures individuelles moi j’adore cosigner des projets et je l’ai fait avec Mathilde Brétillot, François Azambourg, Pierangelo Caramia, Noé Duchaufour-Lawrance ou l’illustrateur Shoboshobo. Et c’est avec beaucoup de bonheur que j’ai intégré “la famille“ rassemblée par Michel Roset.ibookligne_vierge

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