Design : des objets au design de l’Homme

Posted on 23 octobre 2014

Les idéologies totalitaires se sont implantées à travers un profond rejet des cultures en place, considérées comme bourgeoises, passéistes et inégalitaires.

À partir des années soixante-dix, le design ne semble plus envisagé comme une discipline de solutions des besoins humains, mais comme un phénomène d’autoproduction culturelle et esthétique de la société contemporaine.

Le design se définit alors par opposition à toutes les erreurs de conceptions du monde industriel. Le travail du design est donc avant tout un effort de design, dont le champ est aussi vaste que le réel lui-même. Vilém Flusser énonce que notre avenir (proche) sera essentiellement une affaire de design, il évoque le design comme le dévoilement des mécanismes techniques et culturels par lesquels notre civilisation postindustrielle se maintient. Parlons-nous de design dès lors que nous commençons à perdre notre foi en l’art et la technique comme sources de valeurs ? Dès lors le design ne se repère plus en écoles ou en courants esthétiques, mais plutôt en choix des territoires et de champs d’intervention.

C’est sans doute pourquoi les avant-gardes artistiques (comme l’abstraction russe et le futurisme italien) seront dans un premier temps très encouragées par les régimes, avant d’être réprimées.

Une fois passé le temps des révolutions, il fallait mettre en place rapidement une culture de remplacement qui s’appuie sur de nouveaux repères spatiaux, sur une nouvelle identité. En extrayant la société du cours de l’Histoire, le totalitarisme la projette vers l’idée qu’elle est en voie de réalisation.
 C’est cependant une nouvelle identité qui est inventée, la propagande invente un homme nouveau, ses mœurs, son comportement social, son mode de vie, son goût, et ses valeurs.

Texte librement inspiré de Vilém Flusser et sa petite philosophie du design /image 2 – Vilém Flusser extrait du site – mastersofmedia