Design : l’impact de la critique

Posted on 15 octobre 2014

Existe-t-il un design “sans designer“?
À notre époque nombre de designers s’intéressent à des problématiques qui ne sont pas celles du design. Les designers dépassent la mission morale et esthétique, telle que formulée par Edgar Kauffman Jr. : “Répondre aux exigences de la vie moderne ; être l’expression de notre temps, profiter des récentes découvertes dans les beaux-arts et la science ; se familiariser avec les matériaux et les techniques utilisés (…) dominer la machine pour qu’elle serve l’homme ; être au service du plus grand nombre, et considérer les besoins modestes et les coûts peu élevés comme aussi importants que la pompe et le luxe“*.
Bien que “la vie moderne“ au sens de Kauffman, ne soit plus d’actualité, la volonté de s’adresser à tous reste présente et a été supplantée par l’exploration des modes de vie alternatifs ou l’urgence sociale. En parallèle, un intérêt pour le rebut, le déchet et le naturel à ouvert la voie à un design “pauvre“ et écologique dont les brésiliens Fernando et Humberto Campana et le collectif hollandais de Droog Design sont les représentants les plus connus. On voit dans ces recherches que le design existe hors de la profession inventée par le modernisme.
Ce design critique consiste en un travail de déconstruction analytique de la discipline, dans une volonté de revenir à l’essentiel (au réel) et déplace ainsi le design sur des problématiques plus globales comme l’éthique, la responsabilité d’action, l’engagement social. Ces postures témoignent d’une volonté d’observer un produit du design avec une nouvelle objectivité et d’une volonté de produire à l’extérieur du design.

*Edgar Kauffman Jr, What is Modern Design, Introductory Series to the Modern Arts-3, New York, MoMA, 1950, cité par Alexandra Midal, dans Introduction à l’histoire d’une discipline, op. cit. p. 111.