Une affaire d’équilibre

Posted on 14 janvier 2015

Cécile Maïa Pujol est une jeune designer qui se pose encore plein de jolies questions : design édition ? design de galeries ? commissariat d’exposition ? En même temps sa carrière vient de subir un coup d’accélérateur : elle a gagné le concours Roche et Bobois qui édite sa chaise lauréate. C’est un vrai bouleversement pour elle, qui se disait encore hier « je ne cherche pas nécessairement à travailler sur des projets dans l’unique but de les faire produire ». Pour elle, ce projet est un tremplin, que « j’ai vu évoluer du concept jusqu’à la production ».

POURQUOI UNE CHAISE ?
C’est un objet iconique dans le monde du design. De Mackintosh à Eames en passant par Eileen Grey et Alvar Aalto, c’est un outil d’expérimentation à la manière de Martino Gamper ou de Enzo Mari). C’est aussi un objet qui parle à tout le monde, on a tous une chaise/un fauteuil préféré dans lequel on aime se détendre, lire, travailler. C’est enfin le reflet de son époque, d’un contexte d’utilisation des matériaux et des énergies, aujourd’hui par exemple la chaise magnifie l’intelligence de la main, réhabilite l’artisanat. Positionnée, entre art et industrie j’y vois une ouverture d’esprit.

La chaise est affaire d’équilibre.

LE DESIGN ?
Le designer doit pour moi dans certains cas avoir le rôle de modérateur, face à un monde encore trop fermé et sélectif. J’envisage mon métier comme un questionnement, une remise en question. J’aimerais continuer à challenger, à designer, à me poser des questions sans nécessairement y répondre, à ouvrir le débat… C’est pourquoi j’aime le travail d’Anthony Dunne et de Fiona Raby, j’aime leur questionnement : “et si…“ je veux en faire le fil conducteur de ma pratique, car demain je travaillerai peut-être pour une banque, un hôpital, une association caritative, une compagnie d’électroménager. Peu importe, ce qui est important c’est d’avoir un idéal. le design a un rôle très positif.