Jean Dunand – l’excellence de l’artisanat

Posted on 7 mars 2016

Pierre Dunand a décrit son père (Jules John) comme un homme travailleur et déterminé. Son travail illustre parfaitement ce propos : d’abord sculpteur anonyme au sien d’un atelier Dunand se met à son compte et, au milieu des années trente, emploie une centaine de personnes pour réaliser les décors des paquebots transatlantiques.

La carrière de Dunand prend un tournant décisif en 1909 : il décide de changer son prénom en Jean et de s’intéresser à l’art de la laque.

À partir de 1912, à l’instar d’Eileen Gray, il suit l’enseignement d’un artisan japonais, Seizo Sugawara, Émerveillé par ce matériau, il ne cesse plus, de l’utiliser. La maîtrise de l’art de la laque lui permet de créer des paravents d’une qualité extraordinaire, ornés de feuillages et maux stylisés hérons, grenouilles, singes ou daims lesquels on décèle l’influence de l’art japonais. À partir 1919, il remplace progressivement ces thèmes naturels par des motifs purement géométriques.

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1925 marque l’aboutissement de la première partie de la carrière. Dans la section intitulée “une ambassade de France“, il montre un fumoir composé de panneaux de laque et meublé de fauteuils ornés de motifs d’inspiration cubiste. Ses grands panneaux de laque aux décors figuratifs, ses intérieurs et ses meubles raffinés témoignent de la vitalité, en France, des traditions de l’artisanat du luxe.

Cette excellence ne survit pas à la Seconde Guerre mondiale. Les objets dessinés par Dunand, au fini impeccable, très coûteux à réaliser : suscitent quantité d’imitations dans des matériaux moins précieux, et cette surabondance entraîne inéluctablement la désaffection du style Art déco.

/image – Ensemble de boiseries de fumoir dites Les Palmiers, vers 1930 ®Drouot