Design en France #5

Posted on 13 février 2017

La deuxième impulsion est donnée par la formation publique et privée.

Quand on regarde attentivement l’hexagone, on s’aperçoit que chaque territoire possède son ou ses écoles d’art et de design… Les institutions aident le design et le protègent des fluctuations politiques. Les instances publiques nationales ou territoriales, dans leur rôle d’ordonnateurs, partent du principe que la vraie stabilité vient de l’extension même du marché. Les écoles de design publiques ou privées, sous prétexte de favoriser l’insertion, ont mis en place une prestation de service, basée sur un engagement de moyens forts. Ces bureaux de vente interne font un vrai travail de prospection auprès des entreprises au point qu’on serait tenté de le nommer bureau de commerce. Dans les faits, certains de ces établissements (souvent privés) acquièrent de ce bureau de développement commercial, 10 % de leur chiffre d’affaires, voir plus. Mais très peu en parlent. Ce singulier partenariat industriel a des limites : les écoles ne sont pas des agences. Et, poussée à son paroxysme comme à l’École de design de Nantes Atlantique (EDNA), son action peut détruire le marché local. Tout d’abord elles contribuent à retirer du marché les “petits designers“, ensuite à former une image faussée du design puisqu’évidemment les rendus d’un designer-élève et d’un designer professionnel n’atteignent pas le même niveau d’excellence.

Surtout en captant les flux associés – aides et subventions -, elles entretiennent un cercle vicieux qui affaiblit progressivement les professionnels locaux qui n’ont d’autre choix que d’aller louer leur service à l’école. Dans ce dernier cas, comme le résume Jean-Luc Charles (SAMOA) : “L’école est un bien et une catastrophe pour l’écosystème local “.

En prenant du recul, on est tenté de voir dans cette ambiguïté école-agence, le prix à payer pour pouvoir confronter les étudiants à la réalité industrielle. Le tout reste d’apprendre à le faire sans fragiliser l’économie du design.

/Les résultats de cette étude ont été exposés commentés et débâtus, lors d’une intervention à l’Académie des Beaux Arts, le 8 mars 2017, par Frédéric Rossi-Liegibel. Ce dernier  est enseignant à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne (histoire contemporaine du design) et l’École Camondo – Les Arts Décoratifs (sémiotique), chercheur associé au Ladyss – UMR 7533 – CNRS – et au Calhiste – Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis.

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