Design en France #6

Posted on 13 février 2017

La troisième impulsion est celle du management : l’exemple des transports publics ferrés.

Les rapports entre acteurs économiques et pourvoyeurs de design sont perméables et il n’est pas inutile de réfléchir à la notion de management par le design. Dans la rénovation urbaine qui accompagne les réformes territoriales, dorénavant, le design doit composer avec les industriels.

Par exemple, pour son tramway, Marseille-Provence-Métropole, Vincent Créance (MBD) précise que “le projet était porté par la plus haute représentation politique en place à l’époque, qui a géré cette “aventure“ comme dans une grande entreprise“. Ce système a ses vertus, la première étant de permettre à la collectivité territoriale de maîtriser deux éléments majeurs : son image et son budget. On retrouve là l’importance de la notion de performance économique. Plus globalement, ces réimplantations, hors de la dimension politique, ont fait ressurgir une échelle physique que la ville n’était plus prête à recevoir.

Au départ projet singulier, le projet tramway s’est transformé en projet global.
Il a fallu concéder de grosses dépenses liées à la remise à plat des plans de déplacements urbains, des liaisons tram-bus, au fonctionnement de la voiture, aux parkings, à tout ce qui se nomme l’intermodalité. Des réponses innovantes ont été générées répondant aux questions de gestion des flux de villes à villes, de banlieue à centre-ville et leur dissémination.
Ces projets qui ont été confiés pour une bonne part au designer, réunissent les composantes qui déterminent une présence territoriale : impulsion politique, sensibilisation et formation aux enjeux économiques, communication et promotion autour du projet, management par le design et gestion par les agents territoriaux. Le respect de cette chaîne est un facteur de succès.

D’autres idées puisant aux mêmes sources ont suivi.
Une de ces idées a abouti à l’émergence d’une voiture électrique basée sur le modèle collaboratif. Cela consiste à implanter sur le territoire des petits ateliers d’assemblage, de montage et d’entretien (AME). Les véhicules sont assemblés à la main localement, en une semaine, avec une personne qui n’a pas nécessairement besoin d’être hautement qualifiée. C’est un objet de territoire couplé à une plateforme collaborative qui permet de faire évoluer son fonctionnement en capitalisant les retours du terrain. C’est de la co-création et un second exemple dans laquelle la mission de service public ne se limite pas à chercher de la rentabilité, mais à générer de l’activité économique en soutenant des développements d’entreprises, et aussi à créer ou maintenir des emplois, à dynamiser le territoire.

Une autre étape doit retenir notre attention, celle de la restructuration de lignes interrégionales, régionales et interdépartementales. Un projet reposant sur les designers a été amorcé au niveau national, géré en interrégional et porteur d’identité locale. La SNCF a lancé dernièrement deux grands appels d’offres sectoriels concernant le renouveau de la flotte TER (un ou deux étages).

/Les résultats de cette étude ont été exposés commentés et débâtus, lors d’une intervention à l’Académie des Beaux Arts, le 8 mars 2017, par Frédéric Rossi-Liegibel. Ce dernier  est enseignant à l’École supérieure d’art et design de Saint-Étienne (histoire contemporaine du design) et l’École Camondo – Les Arts Décoratifs (sémiotique), chercheur associé au Ladyss – UMR 7533 – CNRS – et au Calhiste – Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis.

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