Triennales de Milan

Posted on 6 avril 2017

Dans les années cinquante et soixante, les Triennales de Milan jouent un rôle majeur dans la mise en lumière des tendances du design.

Les designers se pressent à Milan, avides de découvrir les œuvres novatrices venues de Finlande, Suède, Allemagne et, bien sûr Italie. Les revues de design du monde entier publient l’actualité de la manifestation, et des réputations naissent du jour au lendemain.

En 1923, le critique Carlo Marangani conçoit une biennale pour exposer des œuvres artisanales locales, elle se tient à Monza. Dès 1930, la manifestation devient la Triennale internationale d’arts modernes décoratifs et industriels, une scène pour les activités d’avant-garde en Europe. En 1933, la Triennale se déroule pour la première fois à Milan, dans le Palais des arts construit à cet effet, un bâtiment de style néoclassique Novecento dû à Giovanni Muzio. La 5e et la 6e Triennale (1936 et 1940) sont marquées par le fascisme. Après la défaite, la Triennale illustre le concept de la Ricostruzione, renaissance économique, politique et culturelle parallèle à l’émergence de la nouvelle république italienne. En 1951, lors de la 9e Triennale, la renaissance du design à laquelle on assiste dans de nombreux centres européens, dans le but est de ranimer le commerce après guerre. L’Italie mène le jeu avec son époustouflante présentation La Forme de l’utile, dans laquelle des entreprises ita|iennes dynamiques, notamment Olivetti et Piaggio, exposent des objets conçus par les nouveaux designers industriels, dont Nizzoli, Gino Valle et les frères Castiglioni. Cette année-là, Tapio Wirkkala réalise le stand finnois, qui remporte de nombreux prix avec ses objets d’art en verre et en céramique. L’Allemagne présente sa nouvelle orientation en matière de design industriel, un néofonctionnalisme rigoureux qui intègre des concepts du Bauhaus, et affirme sa puissance économique internationale. En 1964, se produit une réorientation.

Le star-system, qui plaçait des designers sur un piédestal et en faisait les représentants d’une culture raffinée, atteint son apogée dans ces années-là et commence à donner des signes de faiblesse. 1968 annoncent le déclin de la Triennale qui ferme prématurément à cause des manifestations étudiantes. D’autres Triennales se déroulent depuis, mais l’événement ne retrouve pas le rôle de premier plan qu’il a tenu dans les années cinquante et soixante.

/Jos de Gruyter, Harald Thys “ELEGANTIA”  – Triennale di Milano, Milan, 2017 – Photo: Gianluca Di Ioia

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