L’humain au centre des technologies sociales

Posted on 29 août 2017

Selon un mythe sur les origines de l’homme, attribué au philosophe grec Protagoras, la connaissance des techniques nécessaires a été partagée équitablement par les dieux entre tous. Tandis que la connaissance des techniques nécessaire pour exercer ces métiers n’est pas tenue comme nécessaire à tous.
Le principe qui le guide, c’est de mettre en relief l’affinité originelle qui existe entre les techniques nécessaires pour exercer un métier et les techniques nécessaires à chaque homme pour vivre en société, grâce aux efforts des experts en techniques sociales. Ces experts peuvent avoir un double rôle dans la cité. Ils assurent la transmission et l’apprentissage et démocratisent les techniques d’éducation. L’expert formateur est également conseil. car il est capable de forger un plan adapté aux circonstances sociales.

C’est une pensée qui met en équivalence les activités productives des hommes avec leurs activités symboliques. Les techniques sociales sont un art dont tout le travail s’exécute à l’aide de la parole (des écrits et des gestes). Le langage humain est considéré comme un outil.

“C’est l’outil de la technique sociale, du coup de poing, de la massue, des outils de la technique matérielle »*
Max Weber inscrit l’étude des techniques sociales en dehors de la tradition de la sociologie positiviste telle qu’héritée d’Auguste Comte. Il lie les techniques sociales spontanées et les technologies sociales à travers l’histoire. Pour lui, il existe un rythme qui consiste dans l’alternance des techniques spontanées avec les techniques réfléchies ou les technologies sociales : “il faut que l’intelligence technique ait épuisé la capacité d’invention qui la caractérise dans son élan spontané ». L’objet qui est réalisé par la parole et le geste, se fonde sur ce que l’on peut appeler le sens commun. Le discours fonctionnel déclenche des comportements spontanés selon une interprétation qui permet l’adhésion et le consentement. Le but de l’expert en techniques sociales n’est donc pas de forger des discours standardisés, mais un discours qui convient à un bénéficiaire.

Les designers sont voués, à intervenir de plus en plus dans le secteur social. On peut alors considérer que l’idée stéréotypée qui consistait à identifier ces le travail aux activités du fameux homo économicus est condamnée à se dissoudre, pour laisser de plus en plus la place à une conception générique de technologie sociale.

Si les acteurs du social design d’aujourd’hui prennent en considération cette longue tradition de pensée sur les techniques et les technologies sociales, ils parviendront à surmonter les obstacles idéologiques et épistémologiques auxquels ils se heurtent lorsqu’ils travaillent dans la perspective de recherches ouvertes par les sciences du design.

*MaxWeber, Le Savant et le politique (1919), préface de Raymond Aron et traduction par Julien Freund, Plon, 1959

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