Rei Kawakubo – la mode comme art

Posted on 15 juin 2018

Rei Kawakubo de la marque de prêt-à-porter Comme des Garçons choisissait Francesco Clemente, Robert Rauschenberg et comme mannequins. Elle fut aussi l’une des premières créatrices de mode à engager des hommes et des femmes aux visages meurtris, marqués par le temps, pour exposer ses créations. Un moyen d’affirmer que la mode du pur hédonisme ou de l’exposition des richesses pouvait avoir une dimension plus cérébrale.

Cela a permis à des conglomérats d’articles de luxe à grande échelle qui couvraient les vêlements, les parfums, les bagages, les montres et, depuis peu, le mobilier, de s’étendre.
Ce processus génère une faim insatiable pour les idées créatives.
Il suffit de feuilleter un numéro du Vogue italien pour que saute immédiatement aux yeux l’ampleur de la faim insatiable qu’a la mode pour les idées et les images, son matériau brut. Le mensuel se déploie régulièrement sur plus de 800 pages, où la mode est réduite à une série frénétique et interminable d’images étourdissantes qui peuvent, même brièvement, faire tourner la tête à un public blasé. Le sexe est le thème récurrent le plus évident. À un moment ou à un autre, pratiquement toutes les marques italiennes se sont aventurées à intégrer à leurs publicités des évocations formidablement détaillées de la pornographie des années soixante-dix. Certaines ont donné à leurs mannequins des looks très étudiés pour évoquer les putains des années quarante.

Le monstre de la mode, non satisfait de planter ses griffes dans l’art et l’’architecture n’a fait qu’une bouchée du design.

/images – 1 – Comme des Garçons – exposition – Costume Institute of the Metropolitan Museum of Art, Mai 2017- 2 – Rei Kawakubo – SHOWstudio®, circa 2017