Façonner notre imaginaire

Posté en répérage par frederic rossi-liegibel le 28 juin 2010

Du Las Vegas des années 50 et 60 au Dubaï de notre siècle, jouant d’une esthétique de l’accumulation souvent proche du kitsch, les Dreamlands (mondes clos) ont inspiré des démarches artistiques, architecturales et urbanistiques au point de s’ériger en référence de certaines constructions contemporaines.

Les “dreamlands de la société des loisirs ont façonné l’imaginaire et nourri les utopies comme les créations des artistes, mais ils sont aussi devenus réalité: le pastiche, la copie, l’artificiel et le factice ont été retournés pour engendrer à leur tour l’environnement dans lequel s’inscrit la vie réelle“. Du “Learning from Las Vegas“ (L’enseignement de Vegas) de Robert Venturi et Denise Scott Brown au “Delirious New York“ de Rem Koolhaas cette exposition fait échos à celle sur les rapports entre l’architecture et le bande dessinée qui a lieu simultanément à la Cité de l’architecture & du patrimoine à Chaillot.

Cette exposition pluridisciplinaire mise en espace spectaculaire propose une lecture d’envergure et convie à s’interroger sur la manière dont s’élabore l’imaginaire de la ville dont les projets urbains se nourrissent.

/Par Frédéric Rossi-Liegibel /Dreamlands, Des parcs d’attractions aux cités du futur/ du 5 mai – 9 août 2010 /Centre Pompidou /Paris 04 /Illustration /Kader Attia /Untitled (Skyline), 2007 /Courtesy : BALTIC Centre for Contemporary Art /Courtesy Galerie Anne de Villepoix, Paris © Colin Davison

Les coulisses d’une agence

Posté en répérage par frédéric rossi-liegibel le 16 février 2010

La “substance du design“*, mis en scène par Patrick Jouin**, met en évidence les coulisses d’une agence de design qui manie des objets, des scénarios, des textes, des dessins, des projections, des échantillons, des prototypes, des maquettes. Une agence qui invente entre eux des scénarios création. Le choix s’est porté sur une vingtaine de projets sélectionnés parmi les plus représentatifs de la diversité et de l’éclectisme que cultive une agence de design. Pour chaque projet, l’ensemble du processus de recherche et de développement est présenté, expliqué. Une lecture transversale du design est proposée que vise à créer un cadre propice à l’immersion des visiteurs dans la vie des agences : regards croisés entre le créateur, ses créatifs, les fabricants et les utilisateurs.

Cette mise en scène prend la forme d’un récit illustré. Les visiteurs assistent ainsi à une présentation personnelle des objets qu’ils pourront ensuite examiner de plus près dans  la matériauthèque, mi trompe l’œil, mi réelle.

**Né en 1967, Patrick Jouin est l’un des protagonistes majeurs du design contemporain, sur les scènes française et internationale. Depuis 1999, son agence parisienne se distingue par la diversité de ses activités: design d’aménagement, architecture, design industriel, artisanat, scénographies, mobilier urbain … Ainsi, son Agence Patrick Jouin ID a participé à de nombreux projets urbains engagés par la Ville de Paris tels les nouvelles toilettes publiques ou encore les stations Vélib’.

*/La Substance du Design, du 17 février au 24 mai 2010 /Centre Pompidou 75191 Paris cedex 04 /Par Frédéric Rossi-Liegibel

Bleu – Yves Klein

Posté en décryptage couleur par frederic rossi-liegibel le 19 novembre 2009

Le nom d’Yves Klein évoque le bleu outremer de ses tableaux monochromes. Ces peintures procurent l’impression de plonger dans la couleur pure.

Yves Klein a lui-même associé son nom au bleu de ses tableaux en le baptisant du sigle IKB, International Klein Blue*.

Mais les monochromes bleus ne sont que la face la plus visible de son art, comme le dit Klein lui-même : “mes peintures ne sont que les cendres de mon art“. à partir de cette déclaration, on situe les Monochromes bleus dans un ensemble plus vaste, comme la première étape d’un travail qui prend appui sur le visible pour franchir le seuil de l’invisible. Couleur de la sensibilité, le bleu  sera relayée par l’or, matière de la transaction et puis par le rose figurant la chair. constituent le lien qui unit la chair et l’esprit et assure la transition de l’un à l’autre. L’interprétation de l’œuvre d’Yves Klein, centrée autour du bleu, est en partie due à la courte vie de l’artiste (1928-1962). C’est réaliser la fonction qu’Yves Klein assigne à la peinture : rendre l’espace sensible, qu’il les réduit en 1957 à la seule couleur bleue, le bleu étant la couleur du ciel. En 1959, il pose l’équivalence des trois couleurs, comme en témoigne une conférence qu’il donne à la Sorbonne : “Le bleu, l’or et le rose sont de même nature“. Ces trois couleurs évoquent la “trinité kleinienne“ : rassemblés en une œuvre, le bleu, l’or et le rose**

Mais, les Monochromes bleus sont imprégnés d’un quelque chose de plus que la matière tangible qui les transforme en œuvre d’art. Preuve en est lors de leur première présentation au public en janvier 1957, à la galerie Apollinaire de Milan, bien qu’identiques, les onze tableaux exposés ne sont pas appréciés de la même manière par le public : ils sont vendus à des prix différents. Klein en conclut que chaque tableau, en plus de sa réalité matérielle, est imprégné d’une qualité immatérielle qui le distingue des autres. Dès lors, Klein accordera à la matière des futurs IKB* un soin particulier, comme si elle conditionnait le pouvoir du tableau à capter ce qui le transformera en œuvre d’art.

*Autour de 1957, il élabore une matière épaisse avec des reliefs, notamment grâce à des éponges, qu’il étale au rouleau pour qu’aucune aspérité ne contrarie la couleur et invente une résine synthétique pour ses pigments outremer sans les ternir. C’est ce mélange qu’il baptise du nom de IKB, et qu’il fait enregistrer à l’Institut National de la Propriété industrielle, sous la forme d’une enveloppe Soleau.

** lire article or – Yves Klein / rose – Yves Klein

/Par Frédéric Rossi-Liegibel /crédits photo crdp-reunion/yves /klein/ E.Levasseur & M.A. Blanchon

Noir – Soulages

Posté en icône par frédéric rossi-liegibel le 26 septembre 2009

Pierre Soulages décline une surface idéale de projection, une œuvre au noir paradoxalement lumineuse.

Noires, les toiles semblent impatientes de pouvoir jouer avec le soleil. (Lire la suite…)

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