Blanc

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 8 juillet 2009

Comprendre comment le blanc est devenu pour lui, de couleur du néant qu’il était, une matière riche et multiple, nous conduit à nous interroger sur le statut de couleur longtemps refusé au blanc. Le blanc se comprend d’abord dans un système d’opposition: il offre un contraire au noir, et dans le cas d’un système ternaire, au noir et au rouge.Entre le noir et le blanc, s’étend la zone indéterminée des gris, dont les variations sont infinies. Une nouvelle opposition se fait jour : le blanc (comme le noir et les gris) s’oppose aux couleurs. Dans le cas des techniques d’enregistrements (photographie et cinéma) mais cette opposition prend aussi un sens symbolique. Le blanc apparaît comme un refuge de pureté face aux couleurs, qui renvoient à la profusion de la vie, et par là à la chair.

Toutes les couleurs ou presque ont à la fois des connotations positives et négatives : l’ambivalence est constante. Dans le cas du blanc, ces conceptions s’articulent d’abord dans la façon dont on lit cette couleur par rapport aux autres. Une symbolique qui rejoint la physique lorsque le blanc est assimilé à la lumière. Il prend alors de nombreuses connotations positives parmi lesquels la pureté, la propreté. Le blanc de la lumière est un plein, il est le résultat de l’addition de toutes les nuances du spectre lumineux. Pourtant le blanc peut aussi apparaître comme un vide, une absence de couleur, et ce manque se décline alors selon une gamme nuancée qui va du positif au négatif. Le blanc évoque parfois un absolu sans souillure, alors la blancheur peut faire l’objet d’une quête éperdue, comme le montre bien la partie consacrée aux lessives par exemple. Le blanc comme non couleur renvoie aussi à la neutralité : on a alors le neutre inoffensif du tir à blanc, le neutre au statut ambigu du bulletin blanc, ou le blanc, l’ange qui passe dans une conversation qui s’effiloche. Le blanc du trop vide, du manque douloureux, est celui de la page blanche, qui appelle son opposé, afin que les choses soient tangibles, écrites noir sur blanc. Le blanc enfin évoque l’absence de vie, c’est la couleur du linceul, alors qu’il disait un sexe encore indéterminé dans la layette du nourrisson.

L’incarnation de la couleur blanche dans toutes ses contradictions. Le blanc n’est pas une couleur, juste une réflexion, il ne réfléchit pas la lumière, il est lumière.

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Blanc – matières

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le

Blanc – Peau - “Le blanc n’est pas une couleur (en photographie), juste une réflexion, et ici, un bourdonnement de lumière. Le blanc c’est de la nacre, avec ce côté aquatique, celui que l’on entrevoit lorsque l’on regarde dans un bassin quand il fait très beau.“ (Lire la suite…)

Blanc – mots

Posté en décryptage couleur par frédéric rossi-liegibel le 1 juillet 2009

À l’analyse le blanc apparaît… comme le symbole d’un monde où toutes les couleurs en tant que propriétés matérielles et substances auraient disparu“ voilà comment Kandinsky en 1954 décrivait la première des “métas couleur“. Qu’est ce que le blanc ? couleur ou non couleur ? cette problématique se retrouve dans tous les dictionnaire. Le blanc est la synthèse de la lumière à l’inverse du noir, qui est celle de la matière.

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Ajouter de la couleur, démarche nécessaire ou superflue ?

Posté en témoignages par frédéric rossi-liegibel le

Frédéric Rossi-Liegibel : Quelle est la couleur de Biotherm et qu’est ce que cela crée entre le client et vous ?

Claudia Hauck*. Nous sommes dans une logique de marque extrêmement sérieuse, scientifiquement reconnus, une marque de biologistes. Nous sommes nés dans l’utilité, pas dans l’effet. Biotherm est une histoire d’eau, nous venons de l’eau, d’une source thermale. Le bleu Biotherm est profond, il porte beaucoup d’énergie, de chaleur.

Le bleu est porté par le blanc. C’est la fraîcheur, le large, la respiration. Il est monochrome, primaire, c’est le plus pur des blancs, il capte la lumière et renvoie une fraîcheur.

Comment conserve-t-on les codes Biotherm quand on ajoute des couleurs ?

C.H. Il y en a une qui a été beaucoup contestée : un rose nacré. Ce n’est pas la dernière couleur ajoutée mais cela a été un vrai choc. Elle frôle le kitsch, l’artificiel, et caricature la naturalité de Biotherm, mais elle a eu un grand succès sur le marché. L’effet de surprise a fonctionné.

À quel moment et pourquoi décidez-vous de vous lancer sur une couleur ?

C.H. Nous travaillons par catégories. Soit on a un ingrédient clé, comme pour « Age Fitness « qui est composé d’extrait de feuilles d’olivier, cela nous renvoie au vert qui est la couleur de la naturalité, du végétal. A contrario, on a envie d’une couleur et on s’étonne de ne pas la voir partout, c’est plus une perception…

D’après vous, après le blanc, le rose, quelle couleur ?

C.H. Toute couleur est vouée à apparaître un jour… L’année où l’on a fini le blanc, on entre dans la période du noir et ainsi de suite… Mais pour moi la supra-couleur ne va jamais exister. J’accorde plus d’importance au savoir-faire, à la mise en œuvre d’une couleur par des matières et des finitions.

Toute tendance est créée par des gens qui ont des convictions et le désir fort de mettre au monde cette envie. La démocratisation passe ensuite par la machine de l’industrialisation.

Je ne pense pas que l’on puisse réunir les gens avec tous leurs soucis, leurs préoccupations sous le toit d’une seule couleur. La couleur reste très personnelle, même si la manipulation colorielle existe, mais je n’y adhère pas…

Pour moi plutôt qu’une couleur émergente, je pense que ce qui va être plus fort c’est la combinaison de deux couleurs : le blanc et noir combiné. Je pense à des combinaisons impossibles, mais intéressantes.

* Claudia Hauck est responsable, pour Biotherm, de la Communication Internationale de 48 pays. Elle ne développe pas de couleurs, elle les met en scène, dans le cadre d’un thème ou d’un projet, comme par exemple les produits « whitening », où le blanc est une évidence, indépendamment de ses références culturelles. Entretien réalisé en 2006 pour le livre Émotion, pour l’agence Extrême Paris.

Le blanc a encore du temps devant lui !

Posté en témoignages par frédéric rossi-liegibel le

Frédéric Rossi-Liegibel : Quand vous avez lancé la marque TGV, vous aviez une gamme colorielle qui était extrêmement spécifique, qu’est ce qui a mené à ce choix ?

Béatrice Chabanel : L’agence qui a travaillé sur le logo a orienté les choix coloriels et les choix de matières depuis le lancement de la marque. Au début nous avions une approche très studieuse. L’aspect service englobait l’aspect humain et technologique, qui se retrouve dans le logo dans le métal brossé. Trois univers : l’humain, le service et la technologie, donc trois ambiances colorielles. (Lire la suite…)

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